Le débat d'orientation sur les finances publiques de juillet 2014 pour le budget triennal 2015-2017 a donné « la priorité à la jeunesse, qui implique la création des 60 000 postes programmés dans l'éducation nationale et une trajectoire ambitieuse pour les emplois d'avenir et le service civique ». Or là est notre inquiétude : se contenter de l'affectation de moyens financiers modestes à une seule priorité. M. Cazaillon vient d'évoquer les jeunes qui s'engagent dans les associations à des titres très divers… Le mot « engagement », dans nos associations de jeunesse et d'éducation populaire, recouvre une réalité depuis des années. Je l'affirme d'autant plus sereinement que notre association fait partie de celles qui ont souhaité, dans le milieu des années 1990, qu'on accorde au volontariat une place permettant un engagement significatif au service des projets des associations, un engagement grâce auquel des jeunes acquièrent une vraie expérience.
Je ne dirais donc pas que le service civique ne soit pas intéressant. Nous en souhaitons même la montée en puissance. Le service civique est du reste la seule ligne en hausse au sein du budget de la jeunesse et des sports pour la période 2012-2014, celui alloué à la formation des bénévoles étant resté stable et les autres ayant diminué. Il faut donc trouver des moyens à la hauteur d'une ambition interministérielle, afin de ne pas sacrifier la qualité, de ne pas amputer la durée significative du volontariat à laquelle nos associations sont attachées : l'expérience en question doit être utile. Même si, entre 2013 et 2014, les coûts moyens par jeune ont baissé puisque l'on a diminué les charges sociales assumées par l'État, bien du travail reste à accomplir pour parvenir au chiffre de 100 000 jeunes en 2017.