Intervention de Christian Eckert

Séance en hémicycle du 14 octobre 2014 à 21h45
Projet de loi de programmation des finances publiques pour les années 2014 à 2019 - projet de loi de finances pour 2015 — Motion de renvoi en commission

Christian Eckert, secrétaire d’état chargé du budget :

L’explosion des volcans est difficile à prévoir, l’actualité nous le montre souvent. Elle n’est pas non plus certaine. Je pourrais vous citer les chiffres de la dette, en pourcentage du PIB, d’un certain nombre de pays, voisins ou éloignés. Là aussi, reconnaissez que nos prévisions de taux d’intérêt inscrites dans ce projet de loi de programmation des finances publiques sont assez prudentes. Une dépêche l’a encore montré cet après-midi : aujourd’hui, nous empruntons à court terme à des taux d’intérêt négatifs, et à dix ans à des taux de l’ordre de 1,5 %. Or, dans ce projet de loi de programmation, nous avons fixé des taux d’intérêt prévisionnels de 2,2 % en 2015, de 2,7 % en 2016 et de 3,2 % en 2017. Si le risque existe, reconnaissez qu’il n’est pas complètement ignoré dans la programmation de nos finances publiques !

Monsieur Woerth, vous avez eu l’honnêteté de reconnaître que l’avis du Haut conseil des finances publiques était un peu sévère. Nous prévoyons aujourd’hui des taux de croissance de 0,4 % pour la fin de l’année 2014 – cela correspond au consensus du FMI et d’un certain nombre d’observateurs internationaux – et de 1 % pour 2015. Reconnaissez qu’il s’agit de prévisions particulièrement prudentes par rapport aux usages habituels, quelle que soit la couleur politique des gouvernements. Je rappelle qu’en 2012, le Haut conseil des finances publiques avait jugé que notre prévision de croissance pour 2014, alors fixée à 1 %, était « réaliste », et que le scénario sur lequel elle reposait n’était « affecté d’aucun risque baissier majeur » ; or nous constatons aujourd’hui une croissance de 0,4 %. Le gouvernement précédent prévoyait une croissance de 1,75 % pour 2012 ; en réalité, elle a été de 0,3 % seulement. Reconnaissons donc qu’en matière de prévisions, il convient d’avoir un peu d’humilité.

Je terminerai mon intervention en réagissant à l’observation que vous avez faite, et qui reviendra probablement souvent au cours de nos débats, concernant la concentration de l’impôt sur le revenu. M. le président de la commission a affirmé que 10 % des foyers fiscaux les plus aisés, c’est-à-dire ceux du dernier décile, payaient environ 70 % de l’impôt sur le revenu. Il a aussi évoqué le cas du dernier centième des plus aisés. Soit. Mais quelqu’un a-t-il mis en regard cette concentration de l’impôt sur le revenu avec la concentration des revenus ?

Il y a quelques semaines, un journal bien connu et très lu par tous les économistes et les observateurs des politiques budgétaires a comparé deux tableaux : celui de la répartition de l’impôt sur le revenu – en effet, il est fortement concentré – et celui de la répartition des revenus dans notre pays.

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