Intervention de Jean-Yves Caullet

Réunion du 28 octobre 2014 à 17h00
Commission du développement durable et de l'aménagement du territoire

Photo issue du site de l'Assemblée nationale ou de WikipediaJean-Yves Caullet :

Je placerai donc mon intervention sous le signe d'Osmoderma eremita.

On ne peut que constater cette érosion de la biodiversité. Éviter que ces pertes ne s'aggravent est un objectif qui doit nous réunir. Néanmoins, cette proposition de résolution soulève des interrogations. La biodiversité doit être quantifiée : parle-t-on de rareté, de quantité, de densité, de diversité des espèces ? Que compense-t-on ? Par exemple, si l'on détruit un petit cours d'eau de montagne, quasiment dystrophe, et qui n'abrite que de rares espèces, en construisant une petite retenue d'eau plus chaude, et qui abritera de nombreuses espèces, crée-t-on de la biodiversité ou détruit-on un biotope ? C'est une question grave : dès lors que l'on parle de perte nette, on envisage nécessairement des gains nets. Or ce texte parle de préserver, de compenser, de restaurer la biodiversité, mais ne propose pas de la quantifier.

De plus, éviter les pertes nettes, c'est figer une inégalité issue de l'histoire. On peut juger que cela va dans le sens de l'intérêt général, mais cela revient à donner quitus de tous les développements passés qui ont mis à mal la biodiversité : la seule solution restante serait alors de contraindre ceux qui n'ont pas porté atteinte à la biodiversité sur leur territoire à supporter le poids des bénéfices engrangés par d'autres. Les liens de solidarité territoriale sont insuffisamment présents dans cette résolution.

J'avoue donc devant vous ma schizophrénie : au nom de groupe SRC, je donnerai un avis favorable à cette proposition de résolution. Mais, à titre personnel, je m'abstiendrai.

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