Messieurs les ministres, j'ai été profondément touché par votre autosatisfaction et vos témoignages d'autocongratulation. C'est formidable : l'Europe va bien ! Nous avons l'impression d'assister à un séminaire de l'Internationale socialiste. Je tiens à vous féliciter tous les deux. Votre attitude est très réconfortante pour tous nos concitoyens européens à l'heure où 150 députés d'extrême droite ou antieuropéens ont été élus au Parlement européen. Continuez ainsi !
Les déficits français ont donné lieu à une véritable mascarade. Par une sorte de magie budgétaire, quarante-huit heures ont suffi à trouver 3,5 milliards supplémentaires qui ont été immédiatement avalisés par la nouvelle Commission comme le signe que tout va bien, madame la marquise, et que les déficits français n'enfreignent en rien les règles qui constituent le socle de la zone euro. Monsieur Roth, le gouvernement allemand est-il lui aussi satisfait des économies ainsi réalisées par la France ? Pense-t-il que la situation peut perdurer ? En faisant de ce tour de passe-passe son premier acte politique, la nouvelle commission européenne a-t-elle assis sa crédibilité ?
Vous vous êtes félicités du succès du dernier Conseil européen : or, le paragraphe 18 de ses conclusions précise que « l'Union européenne attend de la Fédération de Russie qu'elle respecte la souveraineté nationale et l'intégrité territoriale de l'Ukraine et contribue à la stabilisation politique et à la reprise économique en Ukraine. » Dimanche dernier, toute la partie orientale de l'Ukraine n'a pas pu voter : il n'y a donc pas d'accord sur le maintien de l'intégrité territoriale de ce pays. Quelles initiatives Paris et Berlin comptent prendre pour remédier à cette situation ? Monsieur Désir, la France livrera-t-elle les Mistral à la Russie alors que les conclusions du Conseil européen n'ont pas été respectées ?
Mme la présidente Elisabeth Guigou et moi-même assistions ce matin à une réunion d'information sur le projet de traité transatlantique. Monsieur Roth, quelle est la position de l'Allemagne sur l'opacité qui préside à ces négociations ? Le degré d'information des députés du Bundestag est-il supérieur à celui des députés français, qui ne sont pas du tout informés ? L'Allemagne est-t-elle favorable aux procédures d'arbitrage envisagées ?
Le Conseil européen a évoqué Ebola : les trois pays actuellement engagés dans la lutte contre l'extension du virus sont les États-Unis, le Royaume-Uni et la France. Quelle est, monsieur Roth, la contribution de l'Allemagne à la lutte contre Ebola ? Votre pays mettra-t-il en oeuvre des moyens militaires pour aider à l'amélioration de la situation ?
Enfin, M. Junker a évoqué un plan d'investissement de 300 milliards d'euros : d'où sortiront-ils ? Doit-on s'attendre à une heureuse surprise dans les semaines à venir ?