La biodiversité est en déclin au niveau des espèces faunistiques et floristiques, et les poissons migrateurs, qui font partie de cette biodiversité, sont, eux aussi, en déclin. Malgré de nombreux plans, conventions, stratégies et lois, les poissons migrateurs sont en difficulté. Si cela va un peu mieux pour le saumon, l'esturgeon d'Europe et l'anguille sont en voie d'extinction.
Quelles sont les causes de ce phénomène ? La pollution des eaux ; on essaie d'y remédier, mais cela ne marche pas toujours très bien et on se heurte à des réticences énormes. Il y a aussi la destruction des habitats : tout le monde ne se rend pas compte de l'importance que représentent ces espèces sur le plan économique, symbolique et patrimonial. Il y a aussi la surexploitation de la ressource par la pêche. Sans oublier, on l'a dit, la difficulté d'une gestion aux confins d'un milieu maritime et d'un milieu fluvial. Il est temps de prendre ce problème à bras-le-corps et notre commission aurait raison de continuer à s'y intéresser.
M. Jean-Paul Doron a déploré la faible prise de conscience de ces problématiques. L'argument vaut pour l'ensemble de la biodiversité. La biodiversité sur les territoires n'est pas un sujet qui mobilise les élus et nos concitoyens. Certes, les associations sont mobilisées, mais dès qu'on parle de préservation de la biodiversité, qu'il s'agisse de poissons ou d'espèces terrestres, on répond toujours qu'il y a des choses beaucoup plus importantes. C'est pourtant une question fondamentale pour la survie de l'humanité, mais il est très difficile de le faire comprendre. Il y a sans doute quelque chose à faire en la matière et vous pourrez peut-être nous dire ce qui vous paraît indispensable.
J'en viens aux continuités écologiques. Pour ma part, j'estime que la biodiversité peut, elle aussi, bénéficier d'investissements d'avenir qui, en finançant certains aménagements, pourraient contribuer à lever les obstacles que les migrateurs doivent franchir. Si vous considérez qu'il s'agit d'une piste intéressante, nous serons très heureux de vous aider.
Je m'intéresse beaucoup à l'anguille, qui disparaît progressivement sur mon territoire, le Marais poitevin. Les civelles sont pêchées et revendues à des prix défiant toute concurrence, nous enlevant ainsi toute possibilité d'avoir, un jour, des anguilles adultes. Malgré le lobbying de certains pêcheurs, je serais plutôt favorable à une interdiction de la pêche à la civelle. Qu'en pensez-vous ? Enfin, je pense qu'il ne faudrait pas fixer les quotas de pêche d'anguilles en fonction de la population de l'année précédente, mais en fixant comme référence les années où elle était plus importante. Car s'il y a parfois de bonnes années, l'anguille est globalement en voie d'extinction, et si l'on ne fait rien, elle disparaîtra totalement.