Intervention de Bernard Deflesselles

Réunion du 25 novembre 2014 à 17h15
Commission des affaires européennes

Photo issue du site de l'Assemblée nationale ou de WikipediaBernard Deflesselles, co-rapporteur :

Le point de vue des scientifiques est édifiant. C'est le GIEC – que l'on peut considérer comme un syndicat comportant 800 scientifiques ayant chacun des spécialités différentes, qui rayonne à travers le monde – qui est à la manoeuvre depuis plus de vingt ans.

Le cinquième rapport d'évaluation du GIEC sur l'évolution du climat est paru il y a quelques semaines et dresse un inventaire très clair de l'état de la planète et du réchauffement climatique qui nous menace. Cinq chiffres sont selon moi à retenir :

- le fait que le réchauffement climatique soit dû à l'activité humaine est une certitude établie à 95 %. Ce chiffre a augmenté au fil des rapports du GIEC : il était de 65 -66 % en 2007 ;

- la possible augmentation de la température à la fin du siècle est de 4,8 °C selon le GIEC, ce qui est considérable ; cela bouleverserait un certain nombre d'équilibres et constitue un risque planétaire majeur. En 2007, ce chiffre était estimé à quatre degrés Celsius ; il était de trois degrés Celsius en 1990. Pour mémoire, l'augmentation moyenne de la température au XXème siècle a été de 0,85° C ;

- il pourrait y avoir une élévation du niveau des océans d'environ un mètre d'ici à la fin du siècle. En 2007, ce chiffre était de 59 cm, et de 19 cm lors du XXème siècle ;

- le GIEC recommande de réduire de pratiquement 70 % les émissions de CO2 en 2050, pour tenir l'objectif de limitation de la hausse moyenne des températures mondiales à 2° C. Le Protocole de Kyoto adopté en 1997 et mis en application en 2005 avait des ambitions plus modestes puisqu'il préconisait des émissions de CO2 de moins de 5 % à l'horizon de 2012 : la hausse a finalement été de 34 % ! L'écart est considérable. L'Union européenne s'est quant à elle montré vertueuse avec moins 18 % ;

- s'il y avait un plan robuste de limitation des émissions de CO2, cela n'entraînerait pas une moindre croissance, contrairement à ce que certains économistes ont prétendu. La perte de croissance serait en réalité en moyenne de 0,06 %.

La Conférence de Varsovie qui s'est tenue l'an passé était une convention étape, tout comme l'on espère que celle de Paris l'an prochain sera celle de la signature d'un accord international. Le Bilan de Varsovie n'est pas si mauvais. Cette Conférence avait à gérer le calendrier de 2015, qui est très serré : la conclusion doit se tenir en décembre 2015 à Paris, avec des feuilles de route des États devant être remontées au plus tard en juin 2015.

En matière financière, le « fast start » a plutôt été réussi, tandis que le Fonds vert – dont l'objectif est d'atteindre 100 milliards de dollars par an en 2020 – est presque au point mort. Certes, il est ordre de marche (son conseil d'administration est nommé et son siège est en Corée), mais il faut l'alimenter. Nous serions actuellement à 9 ou 10 milliards de financements annoncés, pour un objectif dix fois supérieur !

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