Intervention de Catherine Lemorton

Séance en hémicycle du 22 novembre 2012 à 15h00
Égalité d'accès aux soins sur l'ensemble du territoire — Présentation

Photo issue du site de l'Assemblée nationale ou de WikipediaCatherine Lemorton, présidente de la commission des affaires sociales :

Dire cela n'est nullement méprisant, comme on m'a accusé de l'être en commission. Je le dis d'autant plus aisément que, pharmacienne de profession, il me semble évident que le chiffre d'affaires de mon officine ne pourrait atteindre le même montant sans l'existence de la sécurité sociale, à la fois de son régime obligatoire et de son régime complémentaire.

Il me suffit tout simplement, pour dire cela, d'observer le fonctionnement de l'économie de la santé dans un pays comme le nôtre. Sans doute cette économie de la santé gagnerait-elle à être davantage enseignée au cours des études de tous nos professionnels de santé, afin que ces derniers comprennent bien qui les solvabilisent. Cette prise de conscience me semble possible, car je ne crois pas que l'on puisse choisir une carrière médicale ou plus généralement de professionnel de santé sans témoigner d'un souci des autres et d'un grand sens de la solidarité et du dévouement.

Il est vrai que la voie de l'incitation qu'entend suivre le Gouvernement n'est pas facile. Il reste des pistes à explorer. Madame la ministre, vous avez proposé encore un autre dispositif dans le projet de loi de financement de la sécurité sociale : les deux cents praticiens de proximité remplaçant par anticipation le départ de médecins pour éviter les burnout qu'évoquait M. le rapporteur.

L'incitation ne peut être efficace que si elle utilise de multiples outils. Certains d'entre eux ont été mis en place lors de la précédente législature. D'autres sont prévus dans le projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2013. Il n'y a pas de solution miracle pour résoudre la question des déserts médicaux, ruraux ou suburbains en zone sensible, mais tout un panel de mesures qui, prises isolément, pourraient paraître mineures et qui, coordonnées, se renforcent les unes les autres. De là l'extrême importance du guichet unique d'information.

L'incitation suppose une approche globale. En effet, on ne peut pas régler la question de l'incitation des médecins à s'installer dans les déserts médicaux sans aborder la question du maintien de la présence des autres professionnels de santé – qui se sentent depuis quelques semaines, je le dis entre parenthèses, un peu mis à l'écart dans les discussions tournant autour des médecins. Ce n'est pas en laissant des infirmières déserter les zones rurales ou périurbaines sensibles ni en laissant disparaître pharmacies, kinésithérapeutes et laboratoires d'analyse que l'on parviendra à convaincre des médecins de venir s'y installer.

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