Tout à fait, nous le vivons au quotidien. Nous constatons, depuis quinze ans, la progression de la prise de conscience internationale. Dans tous les pays où nous nous sommes rendus – Chine, Inde, États-Unis, Japon –, tous les ministres de l'environnement ou tous les parlementaires nous présentent une feuille de route. Le problème, c'est que l'addition de toutes ces feuilles de route ne permet pas de maintenir à deux degrés l'élévation de la température. Tout l'enjeu de l'accord de Paris sera d'y parvenir. C'est pourquoi il devra être juridiquement contraignant. Si c'est un traité qui est signé, chaque parlement devra le ratifier. Or il a fallu huit ans pour mettre en oeuvre le protocole de Kyoto, pour les résultats que l'on sait : alors que son objectif était une réduction, en 2012, de 5 % les émissions de gaz à effet de serre par rapport à 1990, celles-ci ont augmenté de 34 % ! Je tiens à noter toutefois que, sur la période, l'Europe, qui montre toujours l'exemple, a réduit les siennes de 18 %. La vraie difficulté est de trouver la nature de l'outil juridique permettant de rendre l'accord à la fois universel et contraignant. Il faudra également déterminer l'instance organisatrice du contrôle. Si nous avions la réponse, le problème ne serait pas loin d'être résolu…