Intervention de Claude Bartolone

Réunion du 16 janvier 2015 à 9h00
Groupe de travail sur l'avenir des institutions

Photo issue du site de l'Assemblée nationale ou de WikipediaClaude Bartolone, président :

On pourrait s'interroger sur l'utilité de nos travaux dès lors qu'une majorité des trois cinquièmes n'est pas réunie pour modifier la Constitution. Mais c'est à force de ne pas se poser les questions que nous soulevons ici, de considérer qu'il est interdit d'en débattre, que l'on s'en désintéresse. Le problème est le même s'agissant de la construction européenne. C'est à cette contradiction que Juncker s'est trouvé confronté après un beau début de parcours. De même, en France, le débat sur le référendum constitutionnel européen avait-il vite tourné à l'excommunication des hérétiques.

En Europe comme en France, le problème de la représentation se pose, mais aussi au sens de l'incarnation et de la représentation du projet. La manière dont l'Europe se nuit à elle-même est très préoccupante. Ainsi lorsqu'elle fait barrage, dans la période de grande inquiétude que nous traversons, à la proposition de notre Premier ministre sur le contrôle des passagers des compagnies aériennes. Le fait que l'opposition la plus forte soit venue des Belges n'est pas sans ironie dans le contexte des événements que nous vivons depuis hier.

Dans vos interventions, vous renouez, messieurs, avec plusieurs des préoccupations que nous avons exprimées depuis le début de nos travaux. Quels sont les lieux de pouvoir, quel pouvoir ont-ils, quelle est leur responsabilité démocratique devant les Français ? Qui porte la parole de qui, dans quel rôle ? Je me contenterai de constater que nous retrouvons ces questions familières, sans me prononcer, je vous rassure, sur l'existence d'un Président de la République et d'un Premier ministre.

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