Intervention de Odile Saugues

Réunion du 4 février 2015 à 11h00
Commission des affaires économiques

Photo issue du site de l'Assemblée nationale ou de WikipediaOdile Saugues, vice-présidente de la commission des affaires étrangères :

La mission d'information sur les investissements étrangers que nous avons constituée avec la commission des affaires économiques nous présente son rapport définitif. Je me félicite que nos deux commissions aient été associées dans ce travail, car, de plus en plus, les questions concernant les investissements étrangers sont au coeur des préoccupations de la commission des affaires étrangères.

D'abord, parce ces investissements ne cessent d'augmenter et pèsent de plus en plus dans nos économies. En France, 30 % du chiffre d'affaires de l'industrie est ainsi assuré par des entreprises étrangères ou contrôlées par de telles entreprises. Dans un tel contexte, il est légitime qu'une question comme celle de l'inclusion dans les accords commerciaux de clauses d'arbitrage international privé entre les investisseurs et les États soit centrale. Vous le savez, la question est posée dans le cadre des accords de partenariat avec le Canada et les États-Unis et nous avons donc eu en commission des affaires étrangères plusieurs débats sur ce point.

Par ailleurs, il faut voir que ces investissements proviennent ou sont destinés à des pays de plus en plus variés. Longtemps les flux croisés d'investissements étrangers ont concerné essentiellement les pays industrialisés traditionnels. Mais maintenant, nos entreprises sont de plus en plus présentes dans les économies émergentes et les investisseurs de ces pays commencent aussi à s'implanter chez nous. Cela a notamment pour conséquence que les enjeux politiques se mêlent de plus en plus aux enjeux économiques. Par exemple, il est clair qu'il y a des interférences entre la crise ukrainienne et les intérêts interpénétrés des entreprises françaises et russes, avec la question des sanctions. Il est clair aussi que, quand une entreprise chinoise rachète une entreprise française technologique, il faut se poser la question de la protection de nos brevets et de nos savoir-faire. Nous avons conduit en 2013 une mission d'information sur la Chine et naturellement les enjeux économiques étaient centraux dans ce rapport.

D'ailleurs, l'interpénétration des enjeux diplomatiques et économiques est maintenant clairement prise en compte par le Gouvernement, avec le concept de diplomatie économique et l'élargissement des missions de Laurent Fabius.

Le rapport de Philippe Kemel a l'avantage de nous proposer une large perspective sur l'investissement étranger en France, qu'il présente comme un phénomène naturel pour une économie mature, un phénomène ancien, massif et assez stable. Tout cela permet de dédramatiser une question sur laquelle les inquiétudes sont parfois très fortes et contradictoires, soit que l'on s'afflige d'une baisse des investissements étrangers, soit au contraire que l'on s'inquiète de telle ou telle prise de contrôle étrangère sur l'un de nos fleurons.

Je voudrais interroger le rapporteur sur deux points : pense-t-il que nous avons en France un bon équilibre entre notre ouverture internationale et la protection de nos intérêts nationaux, ou faut-il infléchir cet équilibre ? Sommes-nous assez ouverts aux investissements en provenance des pays émergents, domaine où la France semble un peu en retard sur certains de ses voisins européens ?

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