Intervention de Éric Woerth

Réunion du 11 février 2015 à 9h30
Commission des finances, de l'économie générale et du contrôle budgétaire

Photo issue du site de l'Assemblée nationale ou de WikipediaÉric Woerth :

Si les finances de l'État bénéficient actuellement d'un environnement favorable, il faut surtout considérer le budget, reflet de l'objectif politique que le Gouvernement souhaite atteindre – et en l'occurrence, force est de constater que celui-ci n'a pas été atteint, notamment en termes de déficit budgétaire global, qui reste à un niveau considérable en dépit des efforts faits par le Gouvernement en faveur de la baisse des dépenses publiques. À mon sens, ces efforts sont très insuffisants par rapport à ceux qu'il faudrait produire, même si je peux comprendre le souci de ne pas casser et faire retomber dans l'atonie une croissance qui semble vouloir renaître : il faut changer de braquet en matière de réduction de la dépense publique pour trouver un rythme de réduction efficace, tout en restant compatible avec la préservation de la croissance.

Vous allez encore nous dire que ce n'est pas facile, et que vous devez faire les efforts que d'autres n'ont pas faits avant vous : je vous répondrai que c'est vous qui êtes au gouvernement et que c'est à vous d'agir, d'autant que c'est le moment idéal et que les esprits eux-mêmes y sont préparés : vous ne sauriez disposer d'une meilleure conjonction astrale, si j'ose dire, toutes les planètes composant le gouvernement étant alignées sur le même thème, à savoir la réduction de la dépense publique. Bref, Bercy a la main et doit en profiter pour agir sans tarder – même si, j'en suis conscient, cela ne se fera pas sans difficultés. Pour augmenter le rythme de baisse de la dépense publique – dépenses exceptionnelles comprises –, vous devez mettre en oeuvre une politique de changement appliquée avec méthode, plutôt que d'agir au coup par coup, par gels, par seuils, par « coups de gueule » et démonstrations d'autorité. Or, vous semblez avoir abandonné toute méthode, ce qui ne manque pas de m'inquiéter pour l'avenir. Il est en effet très préoccupant de constater que la France, après avoir abandonné l'objectif de déficit de 3 %, reste perchée à un niveau de 4 %, auquel elle a peu de chances d'améliorer sa situation.

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