Je n'ai pas répondu sur les accords de libre-échange. Ce sera le deuxième sujet important du salon international de l'agriculture. Il y a un an, le Président de la République nous avait indiqué qu'il n'était pas question de saborder l'agriculture dans ces accords et que cette question devait être évacuée avant tout autre négociation. Or, aujourd'hui, nous sommes très inquiets en raison des accords qui ont été conclus avec le Canada et des discussions avec les États-Unis. Le risque est majeur puisque 250 000 tonnes seraient importées vers l'Europe – sans entrer dans le détail, il s'agirait de « muscles nobles », c'est-à-dire à valeur forte. Cela induirait une baisse de revenus de 30 à 40 % pour les éleveurs. Je le répète, cette viande importée est élevée dans de grands parcs d'engraissement où les antibiotiques sont utilisés comme activateurs de croissance et où les carcasses sont stérilisées à l'eau de javel. Ce n'est pas du tout le modèle de production européen, sauf à considérer que ce que l'on nous impose, en Europe et en France, ne sert à rien.