Intervention de Arnaud Leroy

Réunion du 3 mars 2015 à 18h15
Commission des affaires étrangères

Photo issue du site de l'Assemblée nationale ou de WikipediaArnaud Leroy :

Je vous remercie, monsieur le ministre, de la grande clarté de votre exposé. Vous avez brossé un panorama large de la situation. Le compte à rebours est engagé, puisqu'il est, selon la formule consacrée, minuit moins cinq.

J'ai particulièrement apprécié que vous souligniez que la période 2015-2020, immédiatement antérieure à l'entrée en vigueur d'un éventuel accord à la COP21, constitue comme une première marche dans la lutte contre le réchauffement climatique. À New York, où nous avons rencontré les ambassadeurs d'Afrique francophone à propos des Objectifs du développement durable, j'ai été frappé par leur volonté d'aboutir sur ce sujet. Dès la conférence de juillet 2015 à Addis Abeba, la France doit trouver les mots pour s'adresser à ses partenaires, qui sont parfois en difficulté.

Instrument crucial, le protocole de Kyoto remonte à 1992 et n'est plus du tout d'actualité. La pensée climatique est née dans les années 1970, avant le développement de la mondialisation actuelle. Or nous sommes en face d'un système figé d'annexes, qui assigne par exemple à l'annexe II la Corée du Sud, alors qu'elle est plus avancée sur le plan économique que certains de nos partenaires d'Europe du Sud, pourtant assignés à l'annexe I. Dans le débat sur la question climatique, les Brésiliens, réputés partenaires difficiles sur les questions climatiques, portent une voix intéressante, même si l'approche qu'ils développent, fondée sur l'idée d'un système concentrique, mérite encore d'être affinée.

Vous connaissez, monsieur le ministre, mon engouement et mon engagement en faveur de la finance verte. Les esprits doivent encore mûrir, dites-vous. Tous groupes politiques confondus, nous avons travaillé à déposer des amendements au projet de loi relatif à la transition énergétique, pour nous apercevoir que certains ministères ne sont pas encore mûrs sur cette question. Avant l'ouverture de la COP21, j'envisage de déposer une proposition de loi sur le sujet.

Par rapport à celle de Copenhague, la conférence présentera la grande nouveauté de faire une place aux entreprises, s'éloignant de la traditionnelle discussion fermée entre diplomates. Jusqu'à présent, la France a su être facilitatrice. Nombreux sont ceux qui sont reconnaissants à la France de s'être attelée à trouver des solutions, chacun saluant le réseau diplomatique français. Car, s'il devait ne pas y avoir d'accord, la négociation climatique entrerait certainement dans une zone de turbulences. Notre pays peut ainsi compter sur beaucoup d'alliés, collectivités, entreprises et parlements.

Pour finir sur une question, monsieur le ministre, quel est votre avis sur la proposition brésilienne ?

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