Intervention de Jean-Arnold Vinois

Réunion du 14 avril 2015 à 17h00
Commission des affaires européennes

Jean-Arnold Vinois, conseiller sur la politique énergétique européenne pour l'Institut Jacques Delors :

Nous proposons en effet dans notre rapport dix piliers, tous liés l'un à l'autre, de manière à mettre l'énergie au centre d'un projet mobilisateur pour le secteur concerné comme pour tous les citoyens – considérant que la transition énergétique est une question citoyenne. Le plus grand progrès réalisé depuis 2007 est d'accepter d'aller vers une économie à bas carbone, laquelle suppose des changements importants, amplifiés par le fait que la demande devient active. Une révolution est en cours : les technologies de l'information sont en train de donner au secteur de l'énergie des outils pour devenir plus intelligent. Le paradigme doit donc partir de la demande plutôt que de l'offre.

L'énergie doit dès lors intégrer toute la stratégie industrielle. C'est un excellent vecteur pour développer celle-ci grâce à l'innovation et beaucoup d'entreprises pourraient être stimulées par une véritable stratégie dans ce domaine. Beaucoup de choses pourraient être faites, dans le stockage de l'énergie ou les transports notamment – ce qui n'est pas assez visible dans la communication de la Commission.

Il y a aussi une dimension éducative, à la fois pour les futurs emplois de ce nouveau modèle énergétique et pour sensibiliser les citoyens à ce qu'est l'énergie. De même qu'il y a une politique sociale de l'énergie, qui suppose de voir la mutation en train de se produire dans le domaine des emplois, mais aussi de traiter les consommateurs vulnérables, non pas seulement avec un tarif énergétique valable, mais aussi en prenant conscience que les personnes les plus pauvres énergétiquement sont aussi les plus mal logées et dans les immeubles les plus inefficaces.

L'idée d'un état de l'Union de l'énergie annuel pourrait permettre d'informer au plus haut niveau le public sur l'évolution de la transition énergétique.

Il faut aussi prendre en compte la dimension européenne pour optimiser toutes les ressources et les infrastructures que nous avons. Les renationalisations qui se produisent dans certains pays nient cette dimension et tous les efforts faits pour créer un marché intérieur de l'énergie fondé sur une optimisation des ressources. On n'a pas besoin d'un mix énergétique européen, mais d'optimiser tous les mix nationaux de façon intelligente en s'orientant vers le bas carbone.

On devrait aussi utiliser l'énergie dans notre politique commerciale vis-à-vis des pays tiers, à la fois pour défendre nos acquis à l'intérieur, mais aussi pour promouvoir ce qu'on peut leur offrir. On pourrait également imaginer des partenariats public-privé européens pour la coopération et le développement dans le domaine de l'énergie sobre en carbone – sachant qu'1,5 milliard de personnes n'ont pas accès à l'électricité dans le monde.

Il est temps par ailleurs d'avoir une diplomatie européenne de l'énergie pour permettre à l'Europe de parler d'une seule voix.

Enfin, on pourrait créer une agence européenne de l'information sur l'énergie et le climat, au même titre que celle existant aux États-Unis et qui en sait plus sur l'Europe que l'Europe elle-même.

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