Intervention de François-Michel Lambert

Réunion du 13 mai 2015 à 9h30
Commission du développement durable et de l'aménagement du territoire

Photo issue du site de l'Assemblée nationale ou de WikipediaFrançois-Michel Lambert :

Merci, messieurs, pour votre présentation et pour votre volontarisme. Je reviens sur la mise en place de cette nouvelle structure d'État au service de la voie d'eau, dont l'objectif est de redonner une place plus importante à l'activité fluviale, à la gestion hydraulique, à la protection du patrimoine foncier et aux enjeux touristiques. Je concentrerai mon propos sur le transport, et notamment sur l'activité de fret, à laquelle je porte un intérêt tout particulier en tant que président de la Conférence nationale sur la logistique.

Tout d'abord, notre collègue Gilles Savary, faisant référence au rapport de Rémi Pauvros, a indiqué que nous devions redonner des marges économiques au fret fluvial. Pour y parvenir, trois possibilités s'offrent à nous : premièrement, contraindre le routier, ce qui me semble bien difficile à mettre en oeuvre de façon généralisée ; deuxièmement, renforcer les aides publiques, mais les problèmes budgétaires limitent les capacités d'intervention ; troisièmement, recourir davantage à l'ingénierie financière, qui doit être en capacité d'intégrer la création de valeurs issues de l'utilisation du fluvial plutôt que d'un autre mode, en particulier le routier.

Prenons comme exemple l'approvisionnement de marchandises en containeurs fluviaux sur Paris. Au-delà de la différence de prix de revient qui peut exister entre la route et le fluvial, il faut prendre en compte le fait que la ville de Paris, première capitale touristique au monde, y gagnerait une image positive et que le client, en l'occurrence Franprix, aurait ainsi la possibilité de communiquer sur son utilisation d'un mode de transport beaucoup plus responsable. Cette ingénierie financière, qui va chercher ailleurs que dans le prix brut du transport la création de valeurs, me semble donc constituer un atout important.

Comment VNF peut-elle porter cette expertise pour faire émerger des solutions novatrices ? Si l'on se réfère au mode ferroviaire, on s'aperçoit que les opérateurs ferroviaires de proximité (OFP) qui ont pu émerger sont des structures souples ayant précisément intégré la capacité à aller au-delà de la seule question du transport, en prenant en compte la question de l'infrastructure, les services collectifs et les services marketing et commerciaux supplémentaires qu'ils apportent. On peut appliquer cette analyse à la voie fluviale, et plus particulièrement au réseau Freycinet à petit gabarit. On voit bien, là aussi, que ce n'est pas le transport massifié qui crée les marges, mais la capacité à aller chercher ailleurs de la valeur.

Enfin, j'aimerais que vous présentiez les axes d'innovation que vous souhaitez privilégier. J'aimerais notamment que vous nous fassiez le point sur la question des Data, les données. De par votre dimension, votre présence territoriale, votre champ d'intervention, en particulier en termes d'enjeux économiques et de développement durable, il y a probablement pour VNF, qui est directement propriétaire de ses données, une opportunité extraordinaire de création de valeur, de marges et de nouvelles activités.

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