Intervention de William Dumas

Réunion du 2 juin 2015 à 16h45
Commission des affaires culturelles et de l'éducation

Photo issue du site de l'Assemblée nationale ou de WikipediaWilliam Dumas :

Comme président de l'établissement public du Pont du Gard, je voudrais aborder l'aspect marchand et l'aspect commercial de la culture. Laissez-moi souligner qu'on ne peut compter seulement sur l'argent public en ce domaine. Vous évoquiez les trois niveaux d'administration en Allemagne ; nous en avons non moins de cinq ! J'ai nommé l'État, les régions, les départements, les communautés de communes et les communes…

Certes, en matière de préservation ou de restauration du patrimoine, le soutien public est acquis, qu'il s'agisse des arènes de Nîmes ou des arches du Pont du Gard. Mais les lieux culturels doivent aussi se prendre eux-mêmes en main. Le Pont du Gard est inscrit au patrimoine de l'humanité. Arles, Nîmes souhaitent le devenir. Cette année, la grotte Chauvet a obtenu ce classement. Située dans un département peu peuplé, l'Ardèche, elle pourrait néanmoins attirer bientôt entre 350 000 et 500 000 personnes par an.

Au Pont du Gard, nous recevons chaque année un million et demi de visiteurs, dont 700 000 sont des étrangers, venant du Royaume-Uni, de la Chine ou de l'Allemagne. Grâce à ces visiteurs, le site peut être entretenu et conservé pour être découvert par le plus grand nombre. Aussi me semble-t-il judicieux de réfléchir à des politiques commerciales adaptées, respectueuses des lieux et de l'héritage culturel et conçues pour un public qui ne soit pas non plus trop nombreux. Car, avec la crise, le financement des dépenses de fonctionnement ne peut plus être pris en charge par les collectivités publiques. Or les charges les plus lourdes sont les charges de fonctionnement, et non les dépenses d'investissement. En Allemagne, quel type de dépenses les collectivités prennent-elles en charge ?

Pour les dix ans de la convention UNESCO sur la diversité culturelle, une mobilisation de grande ampleur serait de mise contre les attentats contre le patrimoine culturel perpétrés par exemple à Palmyre. Ils constituent un désastre humanitaire de grande ampleur. Le site du Pont du Gard est lui aussi un vieux site romain. Peut-être un pont virtuel serait-il envisageable entre les deux sites ? J'y suis totalement prêt.

Enfin, j'ajouterais que les pays en voie de développement ont également besoin de notre soutien. La mise en valeur économique de leurs sites culturels n'en est encore qu'à ses balbutiements. Au Pont du Gard, nous avons ainsi accueilli des délégations tunisiennes et algériennes qui ont été heureuses de s'informer sur le cadre juridique et réglementaire des politiques susceptibles d'être mises en oeuvre sur les sites culturels.

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