Intervention de Raphaël Liogier

Réunion du 21 janvier 2015 à 8h45
Commission d'enquête sur la surveillance des filières et des individus djihadistes

Raphaël Liogier, professeur des universités, directeur de l'observatoire du religieux à l'institut d'études politiques d'Aix-en-Provence :

Dans mon livre Le mythe de l'islamisation, essai sur une obsession collective, je montre que la place quantitative de l'islam décroît très légèrement dans le monde et que l'on ne peut donc absolument pas parler d'expansion ; le taux de fécondité des femmes iraniennes se situe ainsi en dessous du seuil de renouvellement des générations. La progression de l'alphabétisation des femmes algériennes cause des problèmes démographiques, cette règle universelle du rapport inverse entre éducation et taux de fécondité démentant la crainte exprimée par le général de Gaulle d'une « bougnoulisation » du Parlement si l'Algérie restait française. En outre, l'islam est totalement désorganisé dans le monde, car il est animé de courants religieux et politiques fort nombreux. En revanche, notre époque voit la plus grande progression religieuse de toute l'histoire de l'humanité avec la croissance des mouvements évangéliques, néo-évangéliques, pentecôtistes et néo-pentecôtistes ; on n'évoque jamais ce phénomène, alors qu'il n'est pas absent du conflit irakien.

Le premier djihadisme, cohérent idéologiquement, était lié à l'échec de l'islam politique, mais la ressource essentielle du mouvement actuel réside dans un réflexe de réaction désespérée et violente face à l'agonie ; en effet, le monde musulman décline sous l'effet de la mondialisation. La mode du niqab devient une mode globale qui balaie l'ensemble des différenciations des islams traditionnels et nationaux.

J'ignore s'il existe un islam de France institutionnel, mais il est évident qu'un islam français s'est développé, dont l'une des caractéristiques tient à l'attachement à la République. Un islam européen a également émergé et il possède des spécificités propres qui dissolvent les tendances des pays dont sont originaires ses fidèles.

Il faudrait employer l'expression de « djihadisme terroriste » pour rattacher le nom du mouvement à sa revendication spécifique et à son action. Il conviendrait également d'éviter l'expression de « musulmans modérés » qui sous-entend que l'islam serait un poison dont seule une très petite consommation ne serait pas dangereuse et qui gomme les situations où des personnes fondamentalistes rejettent tout acte extrémiste ; des catholiques intégristes ont pu s'opposer à la loi sur le mariage pour tous lors de manifestations sans représenter une menace pour l'ordre public et la sécurité nationale. L'expression de « musulman modéré » a des effets délétères qui peuvent alimenter des comportements de radicalisation.

Je n'ai pas d'avis sur la présence de la France à l'OCI.

On a besoin d'un laboratoire qui travaille, non sur l'islam en particulier, mais sur la diversité et les croisements interculturels, et qui analyse les conséquences de ces phénomènes qui se révèlent très complexes. Nous tentons de nous pencher sur ces questions, mais nous ne disposons pas de moyens suffisants pour mener des études approfondies en la matière.

Lorsque j'affirme que l'islam sert de prétexte et non de cause pour les personnes qui quittent la France pour se lancer dans le djihadisme, je ne cherche pas à lutter contre les préjugés véhiculés à l'encontre des musulmans ; en outre, l'utilisation de l'islam comme couverture peut faire naître chez de jeunes Français non issus de l'immigration et souffrant du même problème d'individuation une volonté de défendre la société et la culture françaises vues comme oppressées par les musulmans ; parmi ces personnes, les plus fragiles peuvent devenir des Anders Breivik.

Ce phénomène social est relatif à l'islam du fait de la situation sociale et économique des musulmans et de la colonisation, mais il tend à le dépasser. Nous devons être vigilants sur cette évolution. Le danger pour la sécurité découle de la difficulté à identifier les personnes fragiles et d'ores et déjà animées d'un désir de violence, car elles ne passeront pas par une longue période d'endoctrinement religieux avant le voyage de formation à l'action en Syrie ou ailleurs.

Je ne nie évidemment pas l'existence d'actes d'islamophobie en France, mais je n'emploie pas ce terme car il nomme moins bien les choses que celui d'« islamoparanoïa ». Le suffixe de phobie décrit la peur alors que celui de paranoïa indique que l'objet de la peur est appréhendé par le patient comme agissant spécifiquement contre lui. Aujourd'hui, les Européens rencontrent un problème de narcissisme lié à leur identité et à leur place dans la globalisation ; d'ailleurs, l'Europe occidentale est la zone où la mondialisation crée le plus d'inquiétudes, alors qu'elle la menace moins que des pays d'Afrique subsaharienne. On peut comprendre la loi de 2004 qui concernait les écoles ou celle de 2010 qui pouvait répondre à une exigence de sécurité et donc d'identification des personnes dans l'espace public. En revanche, le débat sur l'interdiction du simple foulard à l'université est incompréhensible ; comment les musulmans peuvent-ils interpréter une telle prohibition alors qu'il n'y a ni enjeu d'ordre public – aucun cours n'est interrompu – ni besoin de protection contre les manipulations, puisqu'il s'agit de femmes adultes qui étudient et qui souhaitent réussir ? Lorsque l'on stigmatise les prières dans la rue – liées à la trop faible taille des mosquées – sous le terme d'« occupation » de l'espace public, on emploie un mot qui n'est pas neutre dans l'histoire française et qui projette une intentionnalité guerrière sur l'ensemble d'une population. Tout cela participe de l'islamoparanoïa qui suppose le sentiment du danger et qui induit un déploiement dans l'urgence de la laïcité ; dans ce contexte, les musulmans nourrissent l'impression qu'on leur impose une laïcité d'exception.

Il n'est pas nécessaire de réviser la loi de 1905, car elle défend la liberté de culte pour chaque religion et sans traitement particulier. La République doit permettre à tous les citoyens de pratiquer leur culte dans de bonnes conditions ; la loi sur la laïcité a d'ailleurs déjà été amendée afin que l'État puisse financer des réparations de bâtiments du culte qui n'entrent pas dans la catégorie du patrimoine, édictée en 1905.

Une expérience est conduite en Norvège sur les djihadistes qui reviennent au pays et qui n'ont pas commis d'actes répréhensibles : au lieu de les enfermer, on les encadre pour qu'ils participent à des actions humanitaires afin d'orienter leur volonté d'action pour les populations qu'ils jugent opprimées. Cela leur permet de se construire une narration positive, héroïque et virile.

Enfin, l'Iran perd des parts dans le marché de la terreur depuis les succès de Daech.

6 commentaires :

Le 25/09/2015 à 10:21, laïc a dit :

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"J'ignore s'il existe un islam de France institutionnel,"

Dire cela revient finalement à dire : "J'ignore si la laïcité est appliquée en France", car la laïcité implique la non-institutionnalisation de la religion, quelle que soit la religion concernée, et donc on ne peut pas supposer, même par ignorance, une institutionnalisation de la religion.

Vous trouvez ce commentaire constructif : non neutre oui

Le 25/09/2015 à 10:39, laïc a dit :

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"Il n'est pas nécessaire de réviser la loi de 1905, car elle défend la liberté de culte pour chaque religion et sans traitement particulier."

Or, voici un extrait de la loi de 1905 :

3° Les immeubles bâtis, autres que les édifices affectés au culte, qui n'étaient pas productifs de revenus lors de la promulgation de la loi du 9 décembre 1905 et qui appartenaient aux menses archiépiscopales et épiscopales, aux chapitres et séminaires, ainsi que les cours et jardins y attenant, seront attribués par décret, soit à des départements, soit à des communes, soit à des établissements publics pour des services d'assistance ou de bienfaisance ou des services publics;"

Le texte parle bien de la religion catholique de manière indubitable, car il n'y a pas de menses archiépiscopales ou épiscopales dans les autres religions. Il y a donc un traitement particulier des religons dans ce cas.

Toutefois, les problèmes liés à l'islam ou au judaïsme sont concrètement absents de cette loi de 1905. Il faut la lire de manière générale pour pouvoir les contrôler.

Par exemple, l'article 31 s'oppose au prosélytisme agressif :

"Article 31

Sont punis de la peine d'amende prévue pour les contraventions de la 5ème classe et d'un emprisonnement de six jours à deux mois ou de l'une de ces deux peines seulement ceux qui, soit par voies de fait, violences ou menaces contre un individu, soit en lui faisant craindre de perdre son emploi ou d'exposer à un dommage sa personne, sa famille ou sa fortune, l'auront déterminé à exercer ou à s'abstenir d'exercer un culte, à faire partie ou à cesser de faire partie d'une association cultuelle, à contribuer ou à s'abstenir de contribuer aux frais d'un culte."

Cet article est applicable à toute religion, quelle que soit la religion. C'est sur cette base que les excès des religions peuvent être contrôlés par le biais de la loi de 1905. Ainsi, la circoncision, qui est une violence contre un individu bébé pour lui faire adhérer contre sa volonté à l'exercice d'un culte, devrait normalement être interdite sur la base de cette article 31. De même, les parents qui contraignent leurs enfants à ne pas manger de cochon à la cantine scolaire sous menace de représailles à domicile sont également susceptibles d'être visés par cet article 31.

Vous trouvez ce commentaire constructif : non neutre oui

Le 25/09/2015 à 12:20, laïc a dit :

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"Il n'est pas nécessaire de réviser la loi de 1905, car elle défend la liberté de culte pour chaque religion et sans traitement particulier."

La loi de 1905 limite aussi la liberté de culte, on l'a vu avec l'article 31 de cette loi.

Or, nous connaissons en France une autre loi qui limite la liberté de culte, c'est la loi du 15 mars 2004 contre les signes religieux dans les écoles publiques.

Or, l'article 1 de la loi de 1905 dit : "Article 1

La République assure la liberté de conscience. Elle garantit le libre exercice des cultes sous les seules restrictions édictées ci-après dans l'intérêt de l'ordre public."

Nous avons bien lu : "sous les seules restrictions édictées ci-après dans l'intérêt de l'ordre public."

Or, comme cette loi de 2004 contre les signes religieux ne figure pas du tout dans le corpus de cette loi de 1905 , ne doit-on pas dès lors en déduire que cette loi n'est pas "légale", pour vice de forme en quelque sorte, et qu'une personne refoulée d'un collège ou lycée pour port d'un signe religieux serait dans son bon droit d'opposer un vice de forme à cette loi de 2004 qui l'empêche de porter ce signe religieux ?

Vous trouvez ce commentaire constructif : non neutre oui

Le 25/09/2015 à 12:45, laïc a dit :

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"Tout cela participe de l'islamoparanoïa qui suppose le sentiment du danger et qui induit un déploiement dans l'urgence de la laïcité ; dans ce contexte, les musulmans nourrissent l'impression qu'on leur impose une laïcité d'exception."

En effet, les musulmans ont une laïcité d'exception : pas de laïcité dans les cantines scolaires pour que les enfants de famille musulmane puissent ne pas manger de porc, pas de laïcité dans les hôpitaux pour que la circoncision puisse être appliquée, et vision déformée de la laïcité pour que les signes religieux puissent être interdits dans les écoles. Que de l'exception, parfois contradictoire dans les buts recherchés d'ailleurs...

Mais ce qui peut alimenter encore davantage l'"islamoparanoïa" est la non application de l'article 35 de la loi de 1905 :

"Article 35

Si un discours prononcé ou un écrit affiché ou distribué publiquement dans les lieux où s'exerce le culte, contient une provocation directe à résister à l'exécution des lois ou aux actes légaux de l'autorité publique, ou s'il tend à soulever ou à armer une partie des citoyens contre les autres, le ministre du culte qui s'en sera rendu coupable sera puni d'un emprisonnement de trois mois à deux ans, sans préjudice des peines de la complicité, dans le cas où la provocation aurait été suivie d'une sédition, révolte ou guerre civile."

Or, nous savons tous que le coran contient de nombreuses sourates très agressives (je ne rentre pas dans les détails) contre les non musulmans. Maintenant, si un prédicateur reprend telles quelles ces sourates, il est concerné par ce passage de la loi : "ou s'il tend à soulever... une partie des citoyens contre les autres,", car les appels à l'agressivité sont des appels à la discrimination et au rejet de l'autre, forme de soulèvement plus ou moins direct contre les autres non-musulmans.

Or, on n'a jamais entendu dire que cet article 35 était appliqué dans les mosquées, si un prédicateur musulman reprend telle quelle telle ou telle sourate du coran très agressive, quelle sanction encourra-t-il de la part de l'Etat ? C'est le rôle de l'Etat, s'il veut appliquer l'article 35, d'avertir les prédicateurs musulmans afin qu'ils n'emploient pas les sourates du coran jugées dangereuses pour la paix civile, sinon le citoyen sera tenté d'entrer dans le jeu de l'islamoparanoïa", puisque rien de sérieux et de légal ne peut vraiment l'en dissuader.

Pour être tranquille d'esprit, il faut pouvoir se sentir protégé, et être certain que la loi est appliquée sans distinction, sinon la peur entre en jeu, avec tout ce que cela peut engendrer de négatif et de préjudiciable à la paix civile.

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Le 26/09/2015 à 07:34, laïc a dit :

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"mais il est évident qu'un islam français s'est développé, dont l'une des caractéristiques tient à l'attachement à la République. "

L'évidence mise en avant par M. Liogier n'a en fait rien d'évident. Je ne vois pas en quoi on peut dire que l'islam pratiqué en France est attaché à la République, d'autant plus que la laïcité empêche normalement d'inféoder une religion à l'Etat français, et donc au pouvoir politique français (car comment nier que lorsqu'on parle de France, on ne fait pas allusion au parti politique en place, qui a le pouvoir et qui agit ? Quand on dit par exemple : "La France vote pour le mariage gay", ou "La France a signé tel contrat avec tel pays", c'est en fait suite à une décision du parti qui a le pouvoir et qui s'approprie le nom de France pour avoir été majoritaire à un moment donné dans les urnes).

Par ailleurs, on ne voit pas en quelle occasion l'islam en France, dont d'ailleurs M. Liogier a signalé la multiplicité, et donc l'impossibilité pratique pour une seule personne de parler en son nom, pourrait signaler son attachement à la République et à la laïcité.

On n'a pas l'équivalent dans les mosquées en France de la prière que les juifs adressent dans le synagogues le samedi à la République :

« Éternel, Maître du monde, Ta providence embrasse les cieux et la terre ;

La force et la puissance T’appartiennent ; par Toi seul, tout s'élève et s'affermit.

De Ta demeure sainte, ô Seigneur, bénis et protège la République française et le peuple français. Amen.

Regarde avec bienveillance depuis Ta demeure sainte, notre pays, la République française et bénis le peuple français. Amen.

Que la France vive heureuse et prospère. Qu'elle soit forte et grande par l'union et la concorde. Amen.

Que les rayons de Ta lumière éclairent ceux qui président aux destinées de l’État et font régner l’ordre et la justice. Amen.

Que la France jouisse d’une paix durable et conserve son rang glorieux au milieu des nations. Amen.

Accueille favorablement nos vœux et que les paroles de nos lèvres et les sentiments de notre cœur trouvent grâce devant Toi, ô Seigneur, notre créateur et notre libérateur. Amen. »

En 2012, le grand-rabbin de France Gilles Bernheim fait ajouter une invocation supplémentaire :

« Que l’Éternel accorde sa protection et sa bénédiction pour nos soldats qui s’engagent partout dans le monde pour défendre la France et ses valeurs. Les forces morales, le courage et la ténacité qui les animent sont notre honneur. Amen. »

Cette prière, pour être sympathique et témoignant de l'excellent esprit qui anime les juifs français à l'égard de la République, n'en est pas moins pas du tout laïque. La séparation de la religion et de l'Etat est a double sens : les fonctionnaires ne considèrent pas la religion, et les religions ne considèrent pas la République. Mais la marge de manœuvre des religions vis à vis de l'Etat est plus étendue que celle de l'Etat par rapport à la religion : si l'Etat a un strict devoir de neutralité à l'égard des religions, autant dans le positif que le négatif, les religions, qui sont des associations privées, peuvent néanmoins conserver une marge de critique ou de soutien interne à l'égard de l'Etat, de la République et de la Nation. L'Etat, lui, organisme public, n'a pas le droit de témoigner sa sympathie ou son antipathie pour telle ou telle religion, et ce en toute circonstance, sauf cas extraordinaire, par exemple un attentat contre une communauté religieuse.

Pour résumer : l'Etat un devoir de neutralité vis à vis des religions autant interne qu'externe, tandis que la religion a un devoir de neutralité externe (dans son rapport direct avec l'Etat), mais peut garder sa liberté d'expression et de jugement de l'Etat en interne. Par contre, même en interne, la religion n'a pas le droit de violer les lois de la République, et notamment les articles 31 et 35 de la loi de 1905.

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Le 26/09/2015 à 15:01, laïc a dit :

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"Le suffixe de phobie décrit la peur alors que celui de paranoïa indique que l'objet de la peur est appréhendé par le patient comme agissant spécifiquement contre lui."

Plus exactement, la paranoïa est démarche psychologique appréhendant comme réelle une peur dont l'objet n'existe pas. On connaît par exemple la paranoïa amoureuse, illustrée par le film de Buñuel, intitulé "El", et explicitée par cette citation : "Dans son livre "Mon dernier soupir", Luis Buñuel remarque : « Supposons que la femme d’un paranoïaque joue une mélodie au piano. Son mari sera persuadé que c’est un signal qu’elle envoie à son amant, caché dans la rue".

Donc l'imagination du paranoïaque prend le pas sur la réalité, il matérialise une appréhension qui vit à l'état latent dans son esprit.

Dès lors, le citoyen français est-il dans la peur de l'islam, ou la paranoïa de l'islam ?

Pour répondre à cette question, il suffit de voir les situations pratiques où la laïcité est transgressée à la fois par l'islam et les pouvoirs publics : que ce soit dans les cantines scolaires ou les hôpitaux, on sait ce qu'il en est du respect de la laïcité, celle-ci est bel et bien bafouée pour laisser place aux revendications religieuses. La peur est ainsi matérialisée, la peur de voir l'Etat s'incliner devant les revendications religieuses, la peur qu'il n'applique pas plus l'article 31 que 35 de la loi de 1905 : la peur n'est pas issue de l'imagination, mais bien de la réalité.

Par ailleurs, ce renoncement de l'Etat à faire appliquer la loi dans les écoles ou les hôpitaux renvoie à l'islamophobie de l'Etat lui-même, car phobie signifiant "peur", on ne doute pas que si l'Etat n'applique pas la laïcité, c'est bien parce qu'il a peur de l'islam, peur de lui déplaire s'il en arrivait à interdire les doubles menus ou la circoncision, peur de perdre des voix aux élections, peur de réactions violentes...

Ainsi, l'islamophobie de l'Etat entraîne l'islamophobie citoyenne, mais ce ne sera pas la même islamophobie. On atteindra alors le comble de l'absurdité où l'islamophobie de l'Etat condamnera l'islamophobie citoyenne, car si l'Etat trouve très juste sa propre islamophobie qui l'entraîne à transgresser la laïcité, il trouve au contraire très anormale l'islamophobie citoyenne qui n'est pourtant qu'une conséquence inévitable de cette islamophobie étatique, de laquelle toute réaction découle.

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