e ne représente aucune association et m'exprimerai à titre personnel.
J'ai l'honneur et la lourde charge d'être le seul chef de corps de réserve en activité aujourd'hui. À ce titre, j'ai été chargé d'accompagner la création et la montée en puissance de ce qu'on appelle le bataillon de réserve Île-de-France, 24e régiment d'infanterie.
Mon témoignage portera sur la déclinaison pratique au quotidien du recrutement, de la fidélisation et de l'emploi du réserviste.
Concernant le recrutement, nous avons la chance d'être basés en région parisienne, ce qui permet d'avoir un bassin de recrutement très large. Nous ne rencontrons donc pas de difficulté à cet égard.
Ce n'est pas le cas s'agissant de la fidélisation, que ce soit du fait des activités civiles des réservistes qui nous rejoignent ou de leur vie personnelle. La plupart d'entre eux sont ce que nous appelons des réservistes « honteux », qui ne déclarent pas leur état de réserviste à leur employeur et prennent sur leurs congés pour pratiquer leurs activités militaires. Cela limite mécaniquement leur disponibilité et peut créer des problèmes vis-à-vis de la vie de famille – certains de mes réservistes quittent d'ailleurs l'activité de réserve pour cette raison.
Les cinq jours autorisés n'étant souvent pas exploités, le passage à dix ne changerait donc rien s'il n'est pas accompagné de mesures incitatives à l'égard des employeurs.
Par ailleurs, le mode de gestion actuel fait que le réserviste qui n'a pas le minimum d'activité requis sur une année ne pourra progresser l'année suivante et perdra ainsi deux ans. La plupart du temps, pour rattraper ces deux ans, cela nécessite en pratique trois ou quatre années d'investissement conséquent nettement supérieur au minimum des 10 jours d'activité. Il faudrait peut-être imaginer un compte temps permettant au réserviste de capitaliser ses jours d'activité, même s'il a eu une ou deux années blanches du fait de contraintes personnelles ou professionnelles sans qu'il n'ait à repartir à zéro à sa reprise d'activité.
La fidélisation est aussi liée à la visibilité de la réserve au sein de la société civile. La plupart des gens méconnaissent l'existence d'une réserve opérationnelle et beaucoup pensent qu'après la suspension du service national, elle a disparu. De plus, ils ont souvent l'image de réunions d'anciens, et non d'un élément efficace de notre défense. Cette vision de la réserve ne permet pas au réserviste de se sentir valorisé dans son engagement. Il y a donc un déficit certain dans ce domaine, même si beaucoup d'initiatives sont prises.
Par ailleurs, le mode de gestion actuel fait que le réserviste qui n'a pas le minimum d'activité requis sur une année ne pourra progresser l'année suivante et perdra ainsi deux ans. La plupart du temps, pour rattraper ces deux ans, cela nécessite en pratique trois ou quatre années d'investissement conséquent nettement supérieur au minimum des 10 jours d'activité. Il faudrait peut-être imaginer un compte temps permettant au réserviste de capitaliser ses jours d'activité, même s'il a eu une ou deux années blanches du fait de contraintes personnelles ou professionnelles sans qu'il n'ait à repartir à zéro à sa reprise d'activité.
La fidélisation est aussi liée à la visibilité de la réserve au sein de la société civile. La plupart des gens méconnaissent l'existence d'une réserve opérationnelle et beaucoup pensent qu'après la suspension du service national, elle a disparu. De plus, ils ont souvent l'image de réunions d'anciens, et non d'un élément efficace de notre défense. Cette vision de la réserve ne permet pas au réserviste de se sentir valorisé dans son engagement. Il y a donc un déficit certain dans ce domaine, même si beaucoup d'initiatives sont prises.
Lorsqu'après les événements de janvier, mon régiment a été sollicité pour fournir du personnel dans le cadre de l'opération Sentinelle, j'ai dû écrire aux employeurs pour les remercier de libérer leurs salariés et leur confirmer que les réservistes contribueraient à la défense du territoire national, au même titre que leurs camarades d'active. Ces événements tragiques ont ainsi permis aux employeurs de mieux comprendre l'emploi des réservistes et l'intérêt réel de leur engagement.