Intervention de Anne Paugam

Réunion du 7 juillet 2015 à 17h00
Commission des affaires étrangères

Anne Paugam, directrice générale de l'Agence française du Développement, AFD :

Pour ce qui est de la coopération décentralisée, vous avez raison de souligner que certains acteurs vont avoir énormément de choses à apporter et à montrer dans le cadre de la COP21. L'AFD est partie prenante d'un certain nombre de réseaux, rattachés notamment aux grandes villes et métropoles, et membre d'une alliance visant à soutenir le financement des initiatives des villes du Nord et du Sud en faveur d'aménagements urbains s'inscrivant dans l'objectif de la ville durable. Dans le cadre du sommet mondial Climat et Territoires qui s'est tenu à Lyon il y a quelques jours, j'ai annoncé que, d'ici 2020, l'agence allait soutenir cent villes – comme elle l'a déjà fait pour Johannesburg ou Medellin – dans leurs projets d'aménagement urbain, répondant aux besoins économiques et sociaux de leurs habitants tout en remplissant les critères de la ville durable.

D'autres actions en matière de coopération décentralisée ne sont pas uniquement en lien avec la COP21, mais s'inscrivent dans des coopérations anciennes avec des villes de pays subsahariens. Enfin, certaines coopérations s'inscrivent dans une logique de coopération entre régions sur des thématiques plus économiques. Ainsi la Facilité de financement des collectivités territoriales françaises (FICOL) est-elle destinée à financer des projets de développement à l'international, dont l'initiative et la mise en oeuvre reviennent à des collectivités territoriales françaises : dans ce cadre, nous avons financé des partenariats entre régions – par exemple entre la Bretagne et la région Centre du Burkina Faso, afin de soutenir un projet de structuration d'une filière maraîchère. L'AFD est extrêmement active sur ces sujets et fait travailler plusieurs de ses agents à temps plein sur la coordination de ces actions et le financement des projets correspondants – notre agence est par ailleurs l'une des rares à disposer d'une division dédiée à la ville, contrairement à celles privilégiant une approche thématique sectorielle. Nous accordons beaucoup d''importance à la coopération décentralisée.

Pour ce qui est des mines antipersonnel, elles constituent non seulement une atteinte aux personnes, mais aussi un frein au développement économique de certaines régions : des zones agricoles entières ne sont pas remises en culture, leurs populations ne pouvant s'y rendre. Sur ce point, nous faisons ce que nous pouvons avec les moyens dont nous disposons. Certaines ONG, en particulier Handicap international, s'attaquent au problème, et je me demande comment nous ferions si elles n'étaient pas là.

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