Je suis intervenu lors d'un congrès des représentants de l'artisanat en France au cours duquel deux tables rondes étaient organisées. Dans la première, les discussions tournaient autour des thèmes : les dépenses publiques sont trop importantes, il faut réduire la voilure, les fonctionnaires sont des fainéants, etc. Dans la seconde, à laquelle je participais, mes interlocuteurs redoutaient que la création des métropoles et des grandes régions ne favorisent les grosses entreprises au détriment de l'artisanat… Je me suis permis dans mon propos introductif, de leur poser la question : si nos fonctionnaires doivent être plus mobilisés, si nous mettons au travail nos plombiers, nos peintres, que vous restera-t-il à faire, messieurs les artisans ?
Cet exemple, caricatural j'en conviens, illustre la schizophrénie à laquelle nous sommes confrontés : d'un côté, tout le monde veut moins de dépenses publiques – sans s'interroger pour autant sur ses vertus et son utilité –, et de l'autre, il faut plus de commandes parce que les artisans ont besoin de travailler !
Les positions défendues témoignent rarement d'une vision globale des choses.