Étant un homme pragmatique, je préconise le partage à chaque fois que c'est possible. Néanmoins, je relèverais une source d'incompréhension, sinon d'agacement : on nous répète que la mutualisation nous permettra de sortir des difficultés budgétaires du moment, mais je pense que c'est faux car l'impact à court terme des travaux que nous pouvons entreprendre pour moderniser notre action publique et l'organisation de nos services est sans commune mesure avec les efforts budgétaires qui nous sont imposés sous forme de baisses de dotation et de nouvelles charges.
Cela ne m'empêche pas de m'intéresser à la problématique de l'occupation des locaux publics, dont vous avez parlé. Je me soucie tant du coût de ces locaux que des revenus qu'il est possible d'en retirer en les louant au coup par coup. Je n'ai aucun problème avec cela. Pour autant, les sommes en jeu ne sont pas comparables au montant d'environ 5 millions d'euros par an que j'ai précédemment évoqué.
En matière d'organisation, j'ai pris la décision de regrouper les services de la ville, jusqu'à présent éclatés entre plusieurs immeubles, afin de mettre fin aux transports de parapheurs et aux dysfonctionnements en tous genres. Ce regroupement nous donne l'occasion de travailler sur l'accueil du public, sur les procédures, sur l'accès par internet à certains services. Mais nous récolterons les fruits de ce travail au mieux dans quatre ans, alors que l'effort budgétaire qui nous est demandé concerne l'année dernière, l'année en cours et les deux années à venir. Et nous devons boucler notre budget sur fond de problématiques EPCI et de difficultés territoriales et politiques qui peuvent freiner la maturation de nos projets. C'est l'histoire des collectivités territoriales et de l'inscription dans le temps long des hommes et de leur histoire politique et sociale.
Prenons l'exemple tout bête de la question des déchets. Le transfert de ce service de la ville à l'agglomération modifie des habitudes qui sont parfois plus importantes que les procédures écrites parce que les agents sont aussi dépositaires d'une mémoire, de pratiques, etc. Quand vous passez le cap – si tant est que c'est une bonne chose pour votre territoire –, vous êtes confrontés pendant plusieurs années à de gros problèmes de désorganisation, qui ont un impact financier puisqu'il faut aller chercher des soutiens pour y pallier. Pour résumer, je dirais qu'il faut agir avec toute la bonne volonté du monde et en honnête homme, qu'il faut regarder ce qu'il est possible de faire dans l'intérêt général, mais que ces efforts sont à distinguer de notre problématique budgétaire immédiate.