Que l'on fasse des zones d'activités, des ronds-points ou des ponts, cela nous est égal. Ce n'est pas à nous, entreprises de construction, d'aller dire ce qu'il faut construire. C'est aux élus, aux élus locaux, de prendre leurs décisions et de dépenser l'argent comme bon leur semble. Nous faisons ce que l'on nous dit.
Qu'il faille être raisonnables et réorienter les dépenses, c'est probable. Mais mon propos n'est pas de pousser dans tel ou tel sens. Mon propos – illustré par les chiffres que je vous ai donnés tout à l'heure – est de vous faire prendre conscience de l'importance de l'entretien. Si on n'entretient plus notre patrimoine, on court à la catastrophe. Vous ne m'avez pas non plus entendu dire qu'il fallait faire des lignes à grande vitesse partout. C'est aux élus de juger du bien-fondé de certaines dépenses. On les critique souvent, notamment à propos des ronds-points. Je crois qu'ils sont assez intelligents pour savoir ce qu'ils ont à faire.
La question de l'impact de la baisse des dotations est complexe. On ne peut pas prétendre que le ralentissement de l'activité est dû à la baisse des dotations et il est difficile d'évaluer avec précision l'influence qu'elle aura sur notre secteur. Ce qui est certain, c'est qu'elle arrive au plus mauvais moment. Nous avons déjà subi des baisses : 5 % l'année dernière, 8 % cette année, et ce sera encore le cas l'année prochaine, avec des collectivités qui, sans fermer les robinets, attendent de savoir ce qui va se passer. Nous ne le savons pas non plus. Or la situation est très grave.
Les mesures que nous proposons ne sont certes que des « mesurettes ». Mais j'essaie de faire preuve de réalisme. Depuis deux ans et demi, j'explique aux ministres, au Premier ministre et au Président de la République quelles sont les problématiques de notre secteur en termes d'emplois, d'ascenseur social et de formation. On nous explique que nos amis du bâtiment et nous-mêmes sommes formidables, et que nous sommes des professions qui comptent. Mais, en même temps, on ferme les robinets. N'est-ce pas contradictoire ?
Je réclame de la visibilité, car c'est ce qui manque à nos entreprises. Dites-nous ce que vous voulez faire et sur quel chiffre d'affaires nous pouvons compter. Ce qui m'intéresse, c'est de savoir que nous allons démarrer la construction du canal Seine-Nord en 2019, la rénovation du pont de Narbonne ou celle d'un pont de l'Ariège en septembre ou en octobre.
J'essaie de faire preuve de réalisme, de tenir compte des contraintes budgétaires pour ne pas demander n'importe quoi. Cela dit, même en demandant des choses qui nous paraissent raisonnables, nous avons du mal à nous faire entendre…