N'oublions pas, cher collègue, que la plupart des normes imposées aux collectivités sont décidées ici même ! C'est bien nous qui, à longueur de journée, faisons des Grenelle de l'environnement ou – pour placer la balle au centre – des lois ALUR, qui imposent d'établir des registres des chiens dangereux ou, pourquoi pas ? des chats qui jouent de la guitare !
C'est ici que ça se passe ! Avant de commencer à faire des registres en bout de chaîne pour que chacun remonte les bonnes idées, c'est à nous de réfléchir à huit fois avant de nous donner bonne conscience, ou d'accoler notre nom à une loi pour en tirer une éphémère gloire. Et si tout ne vient pas d'ici, cela nous est en tout cas suggéré, et c'est nous qui votons. Nous devrions donc réfléchir avant de lancer certaines choses sans nous préoccuper des coûts induits ni de l'énergie qui devra être dépensée sur place.
Bien souvent, des textes sont faits pour se donner bonne conscience, notamment sur les marchés publics. Parce qu'à un moment, des élus se sont comportés d'une manière indigne – comme d'ailleurs ceux qui sont censés les aider dans les territoires –, il a fallu mettre en place des procédures de passation des marchés extraordinairement rigides et compliquées. Le résultat est que plus personne ne s'y retrouve, et nous faisons des copier-coller qui ne ressemblent plus à rien.
Et pour rejoindre ce que disait Jeanine Dubié sur le fait que rassembler beaucoup de personnes peut en fait coûter plus cher, il est sûr que lorsque l'on fait des CHSCT qui durent deux jours d'affilée et où l'on perd un temps fou, évidemment, c'est compliqué… Nous devions tous veiller, et ici plus qu'ailleurs, à faciliter la tâche de ces personnels.