Intervention de Yoann Iacono

Réunion du 30 septembre 2015 à 16h30
Commission d'enquête visant à évaluer les conséquences sur l'investissement public et les services publics de proximité de la baisse des dotations de l'État aux communes et aux epci

Yoann Iacono :

Je ne veux pas me substituer au Centre national de la fonction publique territoriale (CNFPT), et notre association est toujours vigilante à ne pas empiéter sur son rôle.

Néanmoins, sur les voies de recrutement et de formation, je peux vous parler de mon expérience. J'ai été formé à l'Institut national des études territoriales à Strasbourg, où nous avions des sessions communes avec nos collègues de l'ENA. J'ai passé dix-huit mois en formation, dont dix mois de stage. Pour le concours, j'ai passé des examens sur les finances locales, sur les finances publiques, et beaucoup d'autres sujets ; mais ce qui m'a plu dans la formation qui nous a été dispensée, c'est qu'on ne venait pas y surajouter des connaissances théoriques. Nous avons passé énormément de temps auprès d'élus et de directeurs généraux au cours de stages d'observation, et c'est cela qui m'a fait apprendre. On apprend en étant confronté aux problèmes des collègues, aux savoir-être dans lesquels il faut avoir une posture de modestie lorsque l'on arrive jeune avec des gens qui travaillent depuis trente ans – y compris avec du personnel de catégorie C.

Il y a trois jours de cela, j'étais en réunion de présentation avec les collègues de la propreté urbaine, et l'on m'a reproché de ne pas me salir les mains et donc de ne pas connaître la réalité du métier. Je leur ai répondu qu'en effet, je ne connaissais pas leur métier, et que j'étais prêt à venir passer une journée avec eux. Ce n'est pas de la démagogie, c'est porter une attention nécessaire à ceux qui font un métier depuis des années, pour les aider à le faire évoluer.

J'ai participé à plusieurs jurys de concours administratif et j'ai trouvé intéressant qu'au-delà des socles de connaissance, le jury était presque conçu comme un entretien de recrutement. Le candidat était moins testé sur ses connaissances, censées avoir été évaluées par les épreuves écrites ou les épreuves techniques orales, que sur son aptitude à exercer les fonctions de sa catégorie, et notamment son savoir-être, son sens de la diplomatie, son sens politique, son appréciation des sujets, ou encore sa capacité à faire des propositions. Il m'a semblé intéressant de mixer des compétences techniques et des entretiens avec le jury qui sont presque des entretiens de recrutement.

Sur la formation, je mesure la différence entre l'exercice en commune et celui dans des collectivités qui ont plus de moyens. Un plan de formation, c'est un investissement financier, et toutes les collectivités ne peuvent pas se permettre le luxe de construire un plan de formation développé, abouti, qui permette d'organiser la mobilité professionnelle et de diversifier le parcours professionnel. Je crois qu'il y a là une différence entre les strates de collectivités, ou selon la richesse des collectivités. Dans beaucoup de petites communes, d'intercommunalités ou de communautés de communes, il n'y a peut-être pas la même ambition de formation, parce qu'il n'y a pas les mêmes moyens. Il y a certainement une réflexion à mener en ce domaine.

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