La question des prix dans les DSP est difficile et délicate à aborder, pour les mêmes raisons que celles que je vous ai exposées tout à l'heure : je ne peux pas avoir de prix consolidés sur l'ensemble des entreprises. Mais nous avons tout de même une idée : la tendance est clairement à la diminution des prix, que je situerais – sous réserve d'une analyse plus complète – aux alentours de 15 %.
Une des raisons de ce chiffre tient dans le libre exercice de la concurrence. Cela nous semble sain. Néanmoins, nous trouvons que le niveau de prix focalise trop l'attention – ce qui s'explique sans doute par la faiblesse des dotations. Nous préférerions que lorsqu'on parle de prix, on parle aussi de qualité, de performance, d'évolution des services ou de l'accroissement de la demande des usagers, tous points qui nous semblent également très importants. Ce que nous souhaitons, c'est une maîtrise des prix, qui soit liée à la capacité donnée aux opérateurs – publics ou privés – de maintenir une qualité de service que les usagers sont en droit d'attendre les usagers. Ce n'est pas plus compliqué que cela.
Ensuite, je tiens à vous préciser que nous avons un taux de renouvellement global des réseaux de 0,6 % par an. Il faudra donc 160 ans pour renouveler l'ensemble des réseaux français ! Je mets quiconque au défi d'avoir des réseaux qui tiennent 160 ans… Nous risquons donc de transférer l'inertie d'aujourd'hui aux générations de demain !
À côté de cela, nous avons entendu dire qu'un fonds de financement ouvert par la Caisse des dépôts, avec des prêts bonifiés d'environ un milliard d'euros, n'avait pas été utilisé. Certes, cela n'entre pas dans notre champ d'intervention, mais cela nous amène à nous interroger. Le problème auquel nous sommes confrontés ne serait-il pas davantage d'ordre psychologique que financier ? Ne tient-il pas au manque d'intérêt des élus, dont les raisons n'apparaissent pas toujours, ou dont le renouvellement se fait parfois au mauvais moment ou au mauvais endroit ? En zone urbaine, il est bien difficile d'intervenir avant Noël…
Comme l'a dit monsieur Raoult, nous sommes contraints d'améliorer les sectorisations de réseaux, la connaissance des réseaux, la performance sur les réseaux, pour pallier – pendant un temps qui sera celui que nous permettrons nos capacités de faire – les fuites, les insuffisances de réseaux, les difficultés d'approche. C'est un très beau challenge pour les opérateurs de l'eau, mais c'est un challenge difficile, dont le résultat, aujourd'hui, continue à se traduire par des niveaux élevés de fuites… et d'insatisfaction.