Monsieur le rapporteur, nous menons une étude tous les deux ans sur le prix de l'eau dans les grandes villes européennes. C'est assez instructif.
En France, si l'on se base sur les cinq plus grandes villes, nous en sommes à 3,52 euros du mètre cube – valeur assez proche de la moyenne nationale, et donc relativement représentative. Cela signifie qu'avec la petite pièce de 1 centime que l'on perd au fond de la poche, on a tout de même trois litres d'eau. Cela signifie également qu'une famille française a à peu près tout ce qu'il lui faut en eau et assainissement pour 1 euro par jour.
La moyenne européenne est de 13 % au-dessus de cette valeur : elle tourne autour de 4,05 euros, avec des disparités : les pays du Nord – Pays-Bas, Allemagne – sont bien au-dessus et les pays du Sud – Espagne, Italie – plutôt au-dessous.
Il est important de remarquer que dans notre pays, cette valeur a été maîtrisée dans le temps. Selon les chiffres de l'INSEE, depuis dix ans, la part du budget qu'une famille consacre à l'eau et à l'assainissement est de 0,8 %. Cette maîtrise des prix est certainement liée à la comparaison entre les modes de gestion, à la compétition au sein du mode de gestion déléguée et à la proximité du centre de décision des citoyens. C'est une des vertus du système français.
Nous pensons que demain, dans cette enveloppe-là, nous devrons faire mieux qu'hier. Il est vrai que l'on parle souvent des investissements à venir. Aujourd'hui, les investissements réalisés sur les réseaux en France s'élèvent à 800 millions d'euros chaque année, et les canalisateurs disent qu'il faudrait les doubler. Mais il ne faut pas oublier que nous devons agir à enveloppe constante. Or c'est possible, car on a déjà beaucoup fait dans le passé : on a éliminé les branchements en plomb ; on a créé des canalisations d'eau et des canalisations d'eaux usées ; on a remis à niveau les stations d'épuration. Il nous semble que le défi collectif est bien celui-là : dans une enveloppe contrainte pour les Français, dans une situation de crise économique, il faut réussir à faire davantage. Nous estimons que nos entreprises peuvent être source de propositions, et imaginer des solutions un peu innovantes pour relever ce défi.