Intervention de Jean-Paul Tuaiva

Séance en hémicycle du 17 décembre 2015 à 9h30
Projet de loi de finances pour 2016 — Discussion générale

Photo issue du site de l'Assemblée nationale ou de WikipediaJean-Paul Tuaiva :

Pour la quatrième année consécutive, le Gouvernement nous présente un budget qui ne pourra malheureusement pas faire sortir la France de la crise. En effet, comme depuis le début du quinquennat, les impôts continueront d’augmenter, tout comme les dépenses publiques.

Ainsi, entre 2012 et 2015, les impôts ont augmenté de plus de 57 milliards. Pour 2016, 22 milliards supplémentaires seront prélevés aux Françaises et aux Français, pour qui la promesse de pause fiscale s’éloigne à nouveau. En outre, à partir de 2017, le Gouvernement prélèvera 1,9 milliard par an sur les ménages et les entreprises à travers la contribution climat-énergie.

Concernant les dépenses publiques, François Hollande s’était engagé à réaliser 50 milliards d’économies. Or, elles ont au contraire augmenté de 15 milliards en 2015 et augmenteront encore de 17,6 milliards en 2016 ! Quant au déficit public, il demeure hélas à un niveau particulièrement élevé, bien au-delà de celui de nos voisins européens.

Mes chers collègues, je souhaiterais revenir en particulier sur la dotation globale d’autonomie – DGA – de la Polynésie française, que le Gouvernement a diminuée de 4 millions pour l’année 2016 alors qu’elle revêt une haute valeur symbolique.

Créée à la fin des essais nucléaires, son montant a été fixé à 90 millions pour dix ans. Trois ans avant le terme de ce contrat, le chef de l’État s’est rendu en Polynésie et a annoncé très clairement aux Polynésiens que cette dotation serait pérennisée, en expliquant que la France avait une dette morale envers la Polynésie française et qu’elle devait tenir compte également des bouleversements sociaux et économiques subis par les Polynésiens à la suite de ces essais.

Aujourd’hui, au-delà d’un simple engagement financier, les Polynésiens ont pris pleinement conscience des conséquences sanitaires et environnementales des essais.

Pour autant, je regrette, tout comme les associations de victimes, que l’État peine encore à reconnaître sa responsabilité. Les baisses successives de la DGA représentent par conséquent, à nos yeux, une mesure inacceptable.

Avec mes collègues polynésiens et l’ensemble du groupe UDI, nous tenons à rappeler que la ministre de l’outre-mer s’était engagée à rétablir en gestion les 84 millions d’euros qui constituent le socle de la DGA. Elle avait ainsi déclaré : « Je vous dis clairement que, en gestion, vous aurez les 84 millions car, d’un point de vue symbolique, nous ne voulons pas modifier le montant sur lequel nous nous sommes mis d’accord l’année dernière ». Cet engagement a été tenu par Mme la rapporteure générale, puisqu’elle a déposé un amendement en ce sens, qui a été adopté en nouvelle lecture. Je l’en remercie. Nous demandons que ces 4 millions d’euros soient effectivement accordés à la Polynésie française.

Mes chers collègues, les députés du groupe UDI, tout au long du débat et comme ils n’ont cessé de le faire depuis le début du quinquennat, ont formulé des propositions constructives. Nous déplorons qu’elles n’aient pas été retenues par le Gouvernement. En effet, en refusant de mettre en oeuvre les réformes structurelles dont notre pays a besoin, le Gouvernement est contraint de faire des choix de court terme qui ne permettront malheureusement pas le retour de la croissance et de l’emploi. C’est pourquoi le groupe UDI votera contre ce projet de budget.

Aucun commentaire n'a encore été formulé sur cette intervention.

Inscription
ou
Connexion