Intervention de Bernard Cazeneuve

Réunion du 5 avril 2016 à 18h00
Commission des affaires étrangères

Bernard Cazeneuve, ministre de l'Intérieur :

Je répondrai succinctement aux différentes interventions et, si vous le voulez bien, vous enverrai une note comportant des éléments chiffrés.

Monsieur Germain, des réseaux sont présents partout sur les chemins des migrations. Ainsi, en Libye, des organisations internationales du crime – qui, pour certaines, s'adonnent à la traite des êtres humains – poussent les migrants dans des embarcations de fortune en Méditerranée centrale, avant qu'ils ne soient accueillis par les correspondants de ces organisations en Italie ou en France. Il s'agit de réseaux internationaux de type mafieux que nous ne pouvons démanteler complètement que dans le cadre d'une coopération renforcée entre les services de police et de renseignement. C'est pourquoi, dans la lutte contre l'immigration irrégulière et contre les réseaux de passeurs, nous avons engagé une coopération forte avec les pays de la Bande sahélo-saharienne (BSS), au sein du G5 Sahel, mais aussi une coopération forte avec la police et les services de renseignement turcs. Nous exerçons une pression constante afin de démanteler ces réseaux partout où ils sont.

Pour ce qui concerne Calais, par exemple, une action très forte a été menée en France mais trop faible au Royaume-Uni. Nous avons par conséquent demandé le renforcement de la coopération franco-britannique et de la Border Force à Calais, mais également celui de notre présence à la gare de Saint-Pancras à Londres. Ainsi nous obtenons de meilleurs résultats.

Ensuite, quand j'ai évoqué la somme de 10 000 à 15 000 euros, il s'agissait d'un maximum, le tarif dépendant bien sûr des origines, du parcours, des fonctions de ceux qui veulent passer – et ces montants peuvent être considérables. Il faut savoir que les réseaux de passeurs usent de menaces, de violences contre ceux sur lesquels ils prélèvent ces sommes, y compris lorsque ces derniers demandent l'asile, considérant qu'ils ont trop payé pour rien. L'attitude des réseaux est monstrueuse, aussi suis-je résolu à en sortir les migrants. Depuis le début de l'année, à Calais, 26 condamnations ont été prononcées contre ces têtes de réseau, ce qui est très important et montre que nous continuons à agir.

Pour ce qui est de la suite à Calais, elle est pour nous très simple : nous entendons renforcer les structures collectives et les lieux de vie ; ensuite, nous voulons humaniser l'habitat – ceux qui ne sont pas dans le CAP n'ont pas pour autant vocation à être accueillis dans des structures de fortune soumises au vent, à la pluie et à la saleté ; je veux que l'habitat soit harmonisé de façon foraine afin qu'à mesure que les personnes partent en CAO, on puisse démonter ces structures ; enfin, il s'agit de continuer l'accueil en CAO pour éviter qu'on n'organise un point de convergence, de concentration à Calais ou à Grande-Synthe.

J'en profite pour vous indiquer que les associations nationales et certaines associations locales accomplissent un travail des plus remarquables, qu'il s'agisse de MSF, du Secours catholique ou d'autres. Ces grands partenaires associatifs parfois nous assignent devant les tribunaux mais nous avons avec eux une relation de respect et de reconnaissance. Les associations que j'ai visées, elles, sont des structures comme le réseau No Border.

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