Genre et Ville a fait le choix de se placer entre la recherche et le terrain. Nous faisons en permanence de la recherche-action, ce qui nous place dans une situation compliquée parce qu'il faut faire beaucoup de choses et aborder beaucoup de sujets, parfois avec peu de moyens.
La question des écoles d'urbanisme et d'architecture nous préoccupe. Nous essayons d'apporter des solutions à ce problème auprès de ces écoles, mais ces questions sont souvent des impensés. Les urbanistes n'ont pas de volonté de nuire en ne produisant pas d'équipements permettant de la mixité, mais ils n'imaginent pas que cela soit nécessaire. Ils pensent faire la ville pour tout le monde, et que tout est égal.
Notre travail consiste à démonter cette idée reçue, c'est très lent. Nous collaborons beaucoup avec des équipes d'urbanistes, notamment la direction de la voirie et des déplacements de la ville de Paris. Nous avons affaire à des équipes d'ingénieurs, femmes incluses, qui ont été formées dans des cadres extrêmement classiques. Sans pour autant qu'ils soient sexistes, ce n'est pas un sujet à leurs yeux. Nous devons donc sensibiliser pour que cet impensé devienne un sujet.