Intervention de Catherine Coutelle

Réunion du 1er octobre 2015 à 17h30
Délégation de l'assemblée nationale aux droits des femmes et à l'égalité des chances entre les hommes et les femmes

Photo issue du site de l'Assemblée nationale ou de WikipediaCatherine Coutelle, présidente :

Je suis heureuse de vous accueillir aujourd'hui à l'Assemblée nationale, en remerciant les organismes à l'initiative de cet évènement : le Comité ONU Femmes France et sa présidente, Mme Miren Bengoa, le Centre Hubertine Auclert, présidé par Mme Djénéba Keita, et l'université Paris Diderot, qui est la seule université en France disposant d'un pôle dédié à l'égalité femmes-hommes, dirigé par Mme Anne Kupiec.

Je félicite les jeunes lauréats du concours vidéo « Ton court pour l'égalité » et salue l'ensemble de celles et ceux, ici présents, qui agissent à nos côtés, au quotidien, pour faire avancer les droits des femmes, et en particulier les partenaires de la campagne He for She : le Haut Conseil à l'égalité entre les femmes et les hommes (HCEfh), représenté par Margaux Collet – son secrétaire général, M. Romain Sabathier, devrait nous rejoindre prochainement –ainsi que le Groupe Generali, dont le directeur général, M. Eric Lombard, interviendra dans quelques instants.

Lancée en septembre 2014, la campagne He for She, qui rencontre un grand succès, porte un message clair : elle invite les filles et les garçons à réfléchir aux enjeux de l'égalité, avec l'ambition de sensibiliser les hommes et les garçons à la lutte contre les discriminations et les stéréotypes de sexe. Cette initiative affirme avec force que l'égalité femmes-hommes est un combat partagé qui nécessite l'engagement de toutes et tous. De nombreux hommes, inconnus ou célèbres, ont répondu à l'appel, et nous ne pouvons que nous en féliciter, d'autant que nous n'avons encore de nombreux combats à mener.

En effet, les inégalités salariales perdurent, même s'il y a eu des améliorations dans ce domaine, et les femmes consacrent encore deux fois et demie plus de temps aux tâches domestiques que les hommes, et c'est là un enjeu essentiel en termes d'égalité des sexes. En France, le taux d'activité des mères chute avec le nombre d'enfants, quand celui des pères remonte, et plus de 50 % des femmes actives se concentrent dans 12 familles de métiers, tandis que 30 % des femmes actives travaillent à temps partiel, contre 7 % des hommes. Les femmes sont aussi les principales victimes de violences sexuelles et sexistes. Il reste donc des inégalités, même si nous faisons aussi beaucoup pour essayer d'améliorer cette situation.

Nous y contribuons à travers les combats que nous menons à l'Assemblée nationale, en particulier dans le cadre de la Délégation aux droits des femmes et à l'égalité des chances entre les hommes et les femmes, qui examine les différents projets de loi sous ce prisme en vue de les amender pour faire progresser l'égalité réelle. Nos travaux ont par exemple permis d'enrichir le projet de loi sur la santé, le projet de loi pour la croissance, l'activité et l'égalité des chances économiques, et bien d'autres encore, et nous travaillons actuellement sur les femmes et le numérique, dans la perspective de l'examen du projet de loi qui sera présenté par Mme Lemaire. Nous en sommes convaincus : rassemblés, nous serons plus fortes et plus forts.

Je suis frappée par les discriminations qui touchent aujourd'hui encore les femmes et les filles, et notamment celles mises en lumière par le rapport récent d'une commission des Nations Unies sur le harcèlement sur Internet dont sont victimes les femmes et les jeunes filles, et sur lequel le Centre Hubertine Auclert a d'ailleurs mené des travaux intéressants. Cette étude en appelle à une prise de conscience mondiale, alors que 73 % des femmes auraient déjà été confrontées, d'une manière ou d'une autre, à des violences en ligne ou en auraient été victimes, avec de lourdes répercussions. Or très peu d'entre elles portent plainte.

La lutte contre les discriminations, c'est aussi le combat pour l'appropriation de l'espace public par les femmes. Vivre la ville lorsqu'on est une femme, c'est encore trop souvent être confrontée à d'importantes inégalités. L'étude du HCEfh sur le harcèlement sexuel et sexiste dans les transports l'a démontré : 100 % des femmes interrogées disaient effet avoir déjà subi ce type de harcèlement.

Pour répondre à ces enjeux, l'éducation des garçons et des filles, par les pères et les mères, est primordiale. Lancée par ONU femmes, la campagne He for She participe à cette bataille pour l'éducation à l'égalité dès le plus jeune âge.

S'engager pour les droits des femmes, c'est s'engager pour les droits humains et pour une société plus humaine, plus juste, et plus égalitaire, et c'est un combat qui traverse les frontières et doit se mener au niveau international : c'est le sens de votre démarche et je souhaitais, en vous accueillant ici aujourd'hui, vous en féliciter.

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