Intervention de Jean-Sébastien Vialatte

Réunion du 15 juin 2016 à 9h00
Commission des affaires sociales

Photo issue du site de l'Assemblée nationale ou de WikipediaJean-Sébastien Vialatte :

Le prix d'une molécule vendue en Europe est trois à cinq fois plus élevé aux États-Unis et dix fois moins élevé dans les pays émergents. Les laboratoires fixent donc le prix, non en fonction du coût de revient et de la recherche et développement, mais en fonction de la capacité des systèmes de santé à payer ces médicaments. Ce sont donc les pouvoirs publics qui devraient fixer les prix en fonction de la réalité, et non pas de l'estimation des laboratoires au regard de la capacité des États à payer.

La réalité d'aujourd'hui n'est pas celle d'hier et encore moins celle de demain, comme le dit mon collègue Aboud. Aujourd'hui, les laboratoires pharmaceutiques connaissent une révolution de leur modèle économique : la médecine étant de plus en plus personnalisée, les médicaments produits s'adressent à des groupes de patients de plus en plus étroits – on est loin du temps des blockbusters où étaient vendues des dizaines de millions d'antidiabétiques, d'anticholestérolémiants, etc. Le coût de développement des médicaments est donc de plus en plus élevé. Néanmoins, de vieilles molécules sont très efficaces sur des segments très particuliers, et les laboratoires font un gros travail de recherche sur ces molécules très anciennes qui permettent parfois de traiter des pathologies chez des groupes restreints de la population. Par conséquent, il ne faut pas trop accabler l'industrie pharmaceutique.

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