Intervention de William Dumas

Réunion du 30 juin 2016 à 10h30
Commission d'enquête sur les conditions d'abattage des animaux de boucherie dans les abattoirs français

Photo issue du site de l'Assemblée nationale ou de WikipediaWilliam Dumas :

Cet équipement public, repris par la communauté de communes, était déficitaire au départ et est aujourd'hui à l'équilibre. Ils ont réalisé l'an dernier 6 000 euros de bénéfices alors qu'ils étaient à 50 000 euros de déficit au moment de la reprise. La Cour des comptes était même venue à la suite d'une enquête de la sous-préfète sur ce déficit. Ils sont parvenus à l'équilibre car ils ont diminué leur tonnage, après avoir laissé partir un client qui abattait sept à huit cents tonnes de cochon, qui travaille aujourd'hui avec l'abattoir d'Alès : ils s'étaient aperçus que cette activité leur coûtait en fait de l'argent. Votre système est peut-être plus cher mais vous vous y retrouvez, dans le circuit, avec votre clientèle, à qui vous vendez un produit certifié et qui peut venir voir à la ferme comment sont élevés les animaux.

Il manque, comme le dit M. Pinatel, des abattoirs. Le maire d'Alès, où se trouve le second abattoir de ma circonscription, nous a dit qu'il abattait quelque 5 000 tonnes, dont 50 % en rituel. Si l'abattoir ferme, les gens seront obligés de se rendre à Valence, à plus de 150 kilomètres. Or cet abattoir perd entre 300 000 et 500 000 euros par an, ce qui est énorme. Après la vidéo de L214, des investissements ont été programmés, de l'ordre de 400 000 à 500 000 euros. La région et le département viendront certainement à son aide, mais il est incontestable qu'il sera, dans certains endroits, difficile de parvenir à l'équilibre.

Ce qu'a fait votre chambre d'agriculture, Monsieur Venteau, en reprenant un abattoir, est bien. Dans des zones comme les Cévennes, où je mets trois heures de route pour aller d'un bout à l'autre de ma circonscription, il faut incontestablement des abattoirs de proximité.

Madame Lambert, vous avez parlé d'abattoirs mobiles au moment des fêtes de l'Aïd. Nous en avons quelques-uns. Un de nos collègues nous a même appris qu'il en avait un à Sarcelles… Bref, cela existe déjà et ça peut fonctionner. Vous n'êtes pas tous d'accord sur le sujet. C'est une question que nous nous posons. Dans certains pays, cela se passe bien, dans d'autres moins bien. Notre ministre, que nous avons interrogé, n'y semble pour l'instant pas très chaud… Il faudra sans doute expérimenter.

Les gros abattoirs sont souvent spécialisés, avec des chaînes qui n'abattent que de la vache ou que du porc. Je lisais hier dans Le Monde un article sur un abattoir en Côtes-d'Armor, où un porc est abattu toutes les cinq secondes. Ce sont des cadences infernales. On parle beaucoup aujourd'hui du bien-être animal – qui me semble mieux pris en compte qu'auparavant – mais peu du bien-être humain, c'est-à-dire des gens qui travaillent dans ces abattoirs, dont les tâches sont répétitives et qui souffrent de problèmes articulaires. On ne parle pas non plus de la filière économique, alors que ce sont les petits éleveurs qui assurent l'entretien du paysage. Les agriculteurs et les éleveurs sont les premiers jardiniers de l'espace. Il faut savoir ce que l'on veut.

L214 n'est pas ma tasse de thé, et ce depuis longtemps. Au salon de l'agriculture, les enfants de la capitale qui vont voir les petits cochonnets et les autres bêtes ont souvent des animaux de compagnie ; il en résulte un amalgame entre l'animal de compagnie et l'animal d'abattage. C'est aussi pour cette raison que ces vidéos choquent terriblement.

Cela m'a en tout cas fait plaisir d'entendre aujourd'hui tous les représentants de la profession. Il est important d'avoir votre avis.

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