Interventions sur "racisme"

12 interventions trouvées.

Photo issue du site de l'Assemblée nationale ou de WikipediaAlfred Marie-Jeanne, rapporteur de la commission des lois constitutionnelles, de la législation et de l'administration générale de la République :

...rimer le mot « race » de la législation française. Le concept de race, chacun le reconnaît, a servi de fondement aux pires idéologies et a conduit à la mort de millions d'êtres humains. Ce concept scientifiquement aberrant n'a pas sa place dans l'ordre juridique, même si c'est pour condamner toute discrimination fondée sur une prétendue race. Sa suppression ne fera évidemment pas disparaître le racisme. Elle ôtera cependant au discours raciste, hydre à nouveau rampante, la forme de légitimation de l'existence des races qu'il peut tirer de la présence de ce mot dans la législation. Vouloir maintenir à tout prix le mot « race », n'est-ce pas en effet admettre implicitement son existence ? Le code pénal se réfère à « l'appartenance réelle ou supposée à une race ». C'est un comble ! Qu'est-ce que...

Photo issue du site de l'Assemblée nationale ou de WikipediaFrançois Asensi :

...en mars 2012, pendant la campagne électorale des présidentielles : « Il n'y a pas de place dans la République pour la race. » En décidant de supprimer la catégorie juridique de « race », comme nous le proposons, notre assemblée contribuerait à faire avancer notre société au plan idéologique et pédagogique, même si nous en sommes tous convaincus ce geste symbolique ne suffira pas à effacer le racisme. Elle donnerait un signal fort à toute la communauté internationale, et la France ferait figure de pionnière, comme elle a su l'être en d'autres temps, dans la lutte mondiale contre l'obscurantisme. Cette notion de « race » est d'ailleurs historiquement récente. Le mot apparaît au XVIIe siècle pour désigner une lignée ou une famille, et ce n'est pas un hasard si sa définition moderne naît dans l...

Photo issue du site de l'Assemblée nationale ou de WikipediaColette Capdevielle :

...énégalaise d'Ibrahim Dia, qui souffre aujourd'hui, entre autre, d'un traumatisme crânien. Sa seule faute aura été d'être noir et de se trouver dans une commune d'Aquitaine. Ce constat est affligeant. Ses trois agresseurs comparaîtront en janvier 2014 devant le tribunal correctionnel de Bergerac pour répondre des infractions racistes commises. Réjouissons-nous de vivre dans un État de droit ! Le racisme est toujours un fléau dans notre pays, un virus tenace, en perpétuelle mutation. Nous n'avons pas fini de le combattre de toutes les façons que nous permet la loi. Parmi les nombreuses actions à mener, la suppression du mot « race » de nos codes et textes de lois est un acte honorable du législateur, qui va bien au-delà de sa seule valeur symbolique. Ce n'est pas un gadget législatif. Ces quatr...

Photo issue du site de l'Assemblée nationale ou de WikipediaJean-Frédéric Poisson :

...une promesse du chef de l'État ne perdons pas espoir, il est trop tard pour cela ! , mais il faudra d'autres procédures, d'autres modifications, et à l'évidence une modification de la Constitution, pour que le présent texte puisse trouver un point d'appui solide. Pour ces raisons, il me paraît difficile de soutenir pleinement la pertinence de ce texte. Enfin, combattre ce phénomène qu'est le racisme en supprimant simplement le mot des codes relève de simples bonnes intentions. Je ne veux pas faire à quiconque l'injure de considérer qu'il s'agirait d'une forme de « pensée magique », revenant à estimer que changer le nom de la réalité suffit à changer la réalité.

Photo issue du site de l'Assemblée nationale ou de WikipediaPhilippe Gomes :

Madame la présidente, madame la garde des Sceaux, monsieur le rapporteur, mes chers collègues, de part et d'autre de cet hémicycle, l'absolue conviction que l'espèce humaine est une et que le concept de « race » n'a aucun fondement scientifique ou biologique nous réunit aujourd'hui. La seconde conviction qui nous rassemble, c'est que la lutte contre le racisme, et plus largement la lutte contre toute forme de discrimination est intrinsèquement partie du projet républicain, c'est-à-dire de l'exigence humaniste héritée des Lumières, de cette aspiration à l'universel qui postule que chacun contribue à l'aventure et à l'émancipation humaines ; cette lutte profite à tous, passe par chacun, quel qu'il soit et d'où qu'il vienne. Alors, mes chers collègues, l...

Photo issue du site de l'Assemblée nationale ou de WikipediaPhilippe Gomes :

...et. Efforçons-nous donc de construire le projet en évitant de se gargariser de mots. Et dans l'instant, je vous fais grâce du mot. Je voterai, avec une partie du groupe UDI, cette proposition de loi. Malgré les doutes que j'ai exprimés, nous vous faisons confiance. Nous espérons que, demain, lorsque le Parlement aura délibéré et que cette loi entrera en vigueur, notre arsenal répressif contre le racisme n'en sera pas amoindri. L'autre partie du groupe UDI considère que les incertitudes liées à la formulation juridique retenue dans ce texte ne permettent pas de répondre avec certitude à ces inquiétudes. En conséquence, elle s'abstiendra sur ce texte. (Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes UMP et GDR.)

Photo issue du site de l'Assemblée nationale ou de WikipediaSergio Coronado :

...t fondée sur des faits scientifiques mais dont les objectifs sont en vérité purement économiques. Car l'histoire de l'Europe est en réalité bien plus cosmopolite que n'ont tenté de le faire croire ces racistes savants. Des intellectuels comme Renan refusent déjà l'existence d'une « race pure », et défendent une construction culturelle des nations. C'est le premier coup porté, bien que nuancé, au racisme scientifique, lequel aura toutefois encore de beaux jours devant lui, inspirant notamment les massacres commis pendant la Seconde Guerre mondiale. C'est alors que la prise de conscience de la communauté internationale aboutit à l'adoption des diverses déclarations des droits humains déjà citées. Malgré la persistance de la ségrégation raciale aux États-Unis, le racisme sera désormais puni, presq...

Photo issue du site de l'Assemblée nationale ou de WikipediaMarie-Anne Chapdelaine :

...ie avec force, nous disposons de lois antiracistes, et pourtant nos textes ne montrent pas l'exemple. Parler de « race », c'est catégoriser et hiérarchiser. C'est admettre implicitement que certains ont des caractéristiques physiques et morales supérieures en raison du soleil sous lequel ils sont nés. Nettoyer notre législation de ce mot, c'est ainsi démontrer par l'exemple que la lutte contre le racisme se mène contre les théoriciens et les théories du racisme. Ainsi, nous contribuons à lever toute ambiguïté : les « races » n'existent pas, notre loi n'en reconnaît aucune. Les forces républicaines de notre pays, celles qui ne fondent pas leur action et leur discours politique sur la haine de l'autre et l'amalgame, se battent à chaque instant contre la xénophobie. Cette proposition de loi, si ell...

Photo issue du site de l'Assemblée nationale ou de WikipediaAlfred Marie-Jeanne, rapporteur de la commission des lois constitutionnelles, de la législation et de l'administration générale de la République :

...collègues, j'essaierai d'être bref et d'éviter la polémique. Il est des moments où il faut savoir, quand le sujet est important et touche à nos valeurs, se ressouder. J'ai l'impression que, ce soir, un pas a été fait dans le bon sens. Cette proposition de loi vise à supprimer le mot « race » qui a fait tant de dégâts dans le passé, concernant des millions d'êtres humains, au nom du fascisme, du racisme, et j'en passe ! On me demande de faire plus. La mission qui m'a été confiée se rapportait à la suppression du mot « race » dans la législation française. Je veux d'abord remercier tous ceux qui, avant moi, ont défriché, déblayé le terrain, même s'ils ne sont pas arrivés au résultat escompté. Je ne suis pas de ceux qui réclament. Je ne l'ai jamais fait et je ne le ferai pas. Je vous remercie to...

Photo issue du site de l'Assemblée nationale ou de WikipediaAnne-Yvonne Le Dain :

...un quarteron. L'une de ses grand-mères était noire. Qui s'en souvient ? Cette goutte de sang dont vous parliez, madame la ministre, il l'avait, ô combien ! Qui, à l'époque, qui encore aujourd'hui, oserait nier son immense humanité et la force des messages qu'il nous a laissés ? Victor Hugo ? Honoré de Balzac ? Certes, non ! Et encore moins Émile Zola qui, le premier, avec J'accuse, comprit que le racisme recouvrait aussi l'antisémitisme. Pourtant, c'est au XIXe que les théories racistes, qui ont défini les races en en construisant le classement, en leur donnant une apparence scientifique, sont apparues, et c'est un Français, le comte Arthur de Gobineau qui, dans son Essai sur l'inégalité des races humaines, a théorisé le concept de race et l'a incarné dans des descriptions concrètes qui ont cons...

Photo issue du site de l'Assemblée nationale ou de WikipediaColette Capdevielle :

...ropose donc de réécrire brièvement et clairement l'article 1er, afin d'affirmer le principe de la suppression du mot « race » dans notre législation tout en continuant à poursuivre et à condamner fermement tous les actes et attitudes racistes. Comme vous l'avez tous affirmé dans la discussion générale, mes chers collègues, les races n'existent pas et n'ont jamais existé. Seul reste à combattre le racisme. Tel est le sens de la nouvelle rédaction de l'article 1er qui vous est proposée.

Photo issue du site de l'Assemblée nationale ou de WikipediaAndré Chassaigne, rapporteur de la commission des affaires sociales :

...rendre les arguments qui ont été développés. Je vous donnerai simplement, dans un premier temps, lecture de la définition du mot « race » dans le dictionnaire Larousse : « Nom féminin, de l'italien razza, du bas-latin ratio, espèce. Catégorie de classement de l'espèce humaine selon des critères morphologiques ou culturels, sans aucune base scientifique et dont l'emploi est au fondement des divers racismes et de leurs pratiques. » Une explication suit : « Face à la diversité humaine, une classification sur les critères les plus immédiatement apparents (couleur de la peau surtout) a été mise en place et a prévalu tout au long du XIXe siècle. Les progrès de la génétique conduisent aujourd'hui à rejeter toute tentative de classification raciale des êtres humains. » J'aurais pu revenir, dans mon expl...