Intervention de Jean-Paul Bacquet

Réunion du 6 novembre 2013 à 9h00
Commission des affaires étrangères

Photo issue du site de l'Assemblée nationale ou de WikipediaJean-Paul Bacquet :

Je remercie les rapporteurs pour leur exposé. Je souhaiterais formuler plusieurs remarques. D'abord, c'est une belle leçon de philosophie politique et d'analyse politique dans le temps. Noël Mamère a cité René Dumont, selon lequel l'Afrique noire était mal partie, et qui pensait que l'Afrique dépérirait, ce qui prouve que même un écologiste peut se tromper... Lorsque l'on lit Jean-Michel Severino ou Serge Michailof, ils sont pleins d'optimisme sur l'avenir du continent. Certes, il y a des problèmes de sécurité et d'instabilité politique, mais la démocratie progresse en Afrique et la population a atteint 900 millions de personnes et devrait passer à 2 milliards en 2050, ce qui posera des problèmes de migrations, externes mais aussi internes.

Ensuite la France apparaît timide. Au cours d'une mission que j'avais effectuée avec Michel Terrot et Jean-Louis Christ, nous avions pu constater notre désengagement partout, sous l'effet d'un complexe néo-colonialiste, d'une démarche culpabilisée et culpabilisante. C'est une erreur manifeste. On voit aujourd'hui au Mozambique et en Angola l'arrivée d'immigrants portugais, alors que ce sont leurs anciennes colonies. L'exemple de la téléphonie et du numérique est judicieux. Il y a plus de portables par habitant qu'en Europe.

Vous avez parlé de l'insuffisance de notre présence. Le Nigéria a inscrit le français parmi les langues qui vont devenir obligatoires à l'école. Ce n'est pas parce qu'ils sont demandeurs d'une présence française, mais parce qu'ils ont conscience du potentiel que constituent les pays francophones d'Afrique, qui sont des marchés pour eux, et ils s'y implantent d'ailleurs à notre détriment.

Sur la question des PME françaises, nous sommes des rigolos par rapport aux Allemands, nous le savons. En revanche, l'accompagnement peut exister. Ubifrance a ouvert une agence au Kenya ; la France n'avait pas vu avant l'intérêt d'y être présente. Il y a une délégation de service public au Nigéria à la chambre de commerce franco-nigériane.

Les anglophones n'ont pas la même approche que nous. Ils ne voient aucun problème à faire de l'aide liée, alors que nous sommes puritains et travaillons donc au bénéfice des anglophones et des Chinois, en République démocratique du Congo en particulier. Les autres pays font du commerce.

Enfin, il est vrai que nous devons structurer notre accompagnement. Rapprocher Ubifrance et la Banque publique d'investissement va de soi, mais il faut aller plus loin et regrouper l'action d'Ubifrance, des Chambres, de la Sopexa… Ce mouvement semble amorcé, même si la ministre du commerce extérieure, Nicole Bricq, a fait, à tort à mon avis, du rapprochement entre Ubifrance et l'Agence française des investissements internationaux, une priorité. Ce sont deux métiers différents.

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