Tout en partageant l'afro-optimisme exprimé, il me faut évoquer un danger qui fragilise sérieusement certains États africains trop démunis pour y faire face : la drogue. Depuis une dizaine d'années, les cartels colombiens déversent leurs marchandises en Afrique, principalement en Guinée-Bissau, et le Cap-Vert devient pour eux une nouvelle proie stratégique. Cette économie parallèle nourrit les adversaires du développement potentiel de ces États. La dose de crack vaut 2 euros à Conakry et l'État n'a pas la capacité de faire cesser ce trafic. Il en résulte que le Mali, le Niger, le Burkina Faso et d'autres pays de la zone se retrouvent en difficulté, se voyant proposer un ordre par les groupes mafieux mêmes qui instaurent le désordre.
Je souhaite d'autre part souligner le considérable potentiel de développement permis par la francophonie – le Maroc l'a parfaitement compris. Les cours en ligne ouverts à tous – les MOOC – peuvent donner accès au savoir, du secondaire au supérieur, y compris pour des travaux de recherche, et permettre la transmission des connaissances dans tout l'espace francophone. Cet outil extraordinaire doit être mis au service d'une stratégie économique offensive, elle-même couplée avec une révision de la politique des visas, car la création de filières comme celle des énergies renouvelables suscitera une demande de formations. Votre rapport traitera-t-il de ces questions ?