Intervention de Pierre Lellouche

Réunion du 6 février 2013 à 9h15
Commission des affaires étrangères

Photo issue du site de l'Assemblée nationale ou de WikipediaPierre Lellouche :

C'est très chaleureusement que je souhaite la bienvenue à nos amis russes car l'UMP considère la Russie comme un pays ami et un partenaire.

Du côté russe, on se complaît à exagérer les tensions avec l'OTAN à propos de la défense anti-missile. Cette affaire peut et doit être réglée par le biais du désarmement. Il faut réduire les arsenaux nucléaires tant américains que russes. Des propositions sont à l'étude au sein du groupe animé par le sénateur Nunn et Sergueï Lavrov et dont je fais partie. Une baisse significative du nombre d'ogives dédramatiserait cette affaire. Le système anti-missile n'est évidemment pas dirigé contre la Russie, il vise des proliférateurs situés sur la façade sud du continent eurasiatique et qui constituent une menace pour elle comme pour les Occidentaux.

Sur la Syrie, je ne suis pas très éloigné de la position de M. Pouchkov. Il y a un équilibre, très difficile à trouver. Cela dit, el-Assad est soutenu par un pays qui n'est pas franchement recommandable, je veux parler de l'Iran. Ensuite, le conflit a déjà fait plus de 60 000 morts et des centaines de milliers de Syriens vivent dans des conditions terribles. Même s'il faut se donner du temps pour que la transition soit la moins mauvaise possible, il faut faire quelque chose sur le plan humanitaire. J'invite nos amis russes à revoir leur position sous cet angle. On ne peut pas rester les bras croisés devant une guerre civile aussi épouvantable, même si la transition politique est très compliquée à organiser. J'ai vu M. al-Khatib proposer d'ouvrir des négociations directes avec le gouvernement en place, ce qui est nouveau. Il faut peut-être laisser du temps à l'idée de progresser mais il faut aussi soulager la population.

Enfin, monsieur le président, vous avez exprimé votre inquiétude sur la prolifération nord-coréenne, mais sans rien dire de la prolifération iranienne qui déclencherait immédiatement la nucléarisation totale du Proche-Orient. Or ni la Russie, ni la France ne peuvent vivre dans la perspective d'une course aux armements nucléaires à portée de leurs villes. Que pourrions-nous faire, de concert avec la Russie, pour exercer une pression encore plus forte sur le gouvernement iranien ? L'année 2013 sera décisive à cet égard, compte tenu de l'accélération du programme nucléaire iranien annoncé, M. Pouchkov l'a entendu comme moi, par le ministre iranien qui se vantait de l'entrée en service de nouvelles centrifugeuses. Nous disposons de très peu de temps pour agir.

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