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Je salue cette volonté de créer un service public de la petite enfance défendue par le Président de la République. Mais sous l'égide de qui sera-t-il placé ? Est-ce l'État qui va le développer ? Il existe une réelle pénurie de places d'accueil à La Réunion. Malheureusement, le département se désengage de cet investissement actuellement. Développer les structures, en particulier collectives, est un impératif mais encore faut-il résoudre la question du financement. Les structures sont généralement déficitaires, aussi les collectivités doivent-elles les soutenir. Un nouveau plan crèche serait utile, mais cette ambition de développer l'accueil collectif exige des moyens.
Le ministre de l'Éducation nationale a annoncé que des moyens seraient mis en oeuvre pour accroitre la scolarisation des enfants de moins de trois ans dans les quartiers en difficulté. Cette décision est très importante ; il est vrai aussi qu'il faut améliorer l'articulation entre les lieux d'accueil, de manière à ce qu'ils soient complémentaires. Le ministre a évoqué la possibilité de réserver 10 % des places de crèche aux familles défavorisées. Cela se pratique souvent à l'initiative des collectivités ; il y a cependant une difficulté qui demeure, c'est que dans ces familles pauvres, il arrive qu'aucun des deux parents ne travaille, aussi il leur est impossible de verser leur contribution à la structure collective de garde.
En ce qui concerne la diversification des structures et des pédagogies d'accueil, je précise que dans ma circonscription à La Réunion, deux classes passerelles existent, qui ont été mises en place dans les zones d'éducation prioritaires. Cette expérience semble satisfaisante ; le bilan n'en a pas encore été dressé. Ce sont des éducateurs de jeunes enfants qui sont recrutés. Ce mode suppose une bonne association des parents.