Intervention de Élisabeth Guigou

Réunion du 12 mars 2013 à 17h00
Commission des affaires étrangères

Photo issue du site de l'Assemblée nationale ou de WikipediaÉlisabeth Guigou, présidente :

Monsieur le ministre des affaires étrangères, nous sommes d'autant plus heureux de votre présence parmi nous que votre dernière audition par notre commission remonte au 16 janvier dernier et portait sur la seule question du Mali. Nous connaissons votre disponibilité, mais votre emploi du temps n'a pas permis que nous puissions vous entendre plus tôt : outre la gestion des crises internationales, vous avez beaucoup voyagé dans des pays qui ne font pas tous l'actualité mais qui ne sont pas moins importants que ceux qui seront principalement évoqués aujourd'hui. Vous étiez, en février, en Inde, avec le Président de la République, puis en Amérique latine, continent qui ne doit pas être délaissé par notre diplomatie, et vous êtes allé au début de ce mois au Kazakhstan, en Ouzbékistan et au Turkménistan. Mais ces déplacements ne vous ont pas empêché de participer au débat sur le Mali qui s'est tenu le 27 février.

Le Mali demeure au coeur de nos préoccupations, et les mêmes questions continuent de se poser : la situation militaire et la montée en puissance de la Misma permettent-elles d'envisager que nos troupes soient prochainement relayées ? À quel stade en est le processus politique qui doit permettre, en principe, l'organisation d'élections en juillet au plus tard ? Les forces politiques maliennes vous paraissent-elles jouer le jeu convenablement ? Qu'en est-il du dialogue national ? Quelles sont les perspectives de développement pour le Mali et quel rôle l'Union européenne jouera-t-elle à ce sujet ?

En Syrie, le bilan de deux années de soulèvement et de répression féroce est terrible et la situation humanitaire catastrophique. Vous nous direz quelles évolutions sont possibles sur les plans politique et diplomatique, ce qu'il en est de la levée ou de l'assouplissement de l'embargo sur les armes au niveau de l'Union européenne et de la position des États-Unis. La constitution d'un gouvernement provisoire a été repoussée ; quel est l'état de la coalition nationale menée par M. Moaz Al Khatib, dont les propositions intéressantes n'ont pas été suivies d'effet à ce jour ?

Un point plus général sur ce qu'il est convenu d'appeler « le printemps arabe » nous paraît également nécessaire. Des délégations de notre commission se sont rendues récemment en Égypte et en Tunisie. En Tunisie, un nouveau gouvernement vient d'être formé. Il a été constitué autour de la troïka, sans élargissement, mais certaines revendications de l'opposition ont été satisfaites ; ainsi, les ministères régaliens ne sont plus détenus par le parti Ennahda. Malgré cela, depuis l'assassinat de Chokri Belaïd, la situation demeure extrêmement tendue, ce qui suscite beaucoup d'inquiétude parmi les responsables politiques et au sein de la société civile. En Égypte, où les incidents violents se multiplient, l'autorité s'effondre et l'anarchie guette. Nous souhaitons évidemment le succès des processus de transition démocratique, mais cela implique de naviguer avec précaution, en évitant l'ingérence tout en restant vigilants face à des dérives toujours possibles.

Nous espérons enfin vous entendre parler de l'Iran, dont la politique étrangère est toujours aussi alarmante. Ce pays est aujourd'hui le principal soutien du régime syrien auquel il fournit des armes, en violation de l'embargo. Par ailleurs, l'Iran poursuit sa politique nucléaire, et le dernier rapport de l'AIEA contient des informations très préoccupantes à cet égard. Une nouvelle offre de négociation a été présentée par le groupe 5+1 qui contiendrait des propositions nouvelles susceptibles de conduire l'Iran à une attitude un peu plus souple ; quelles sont-elles, et quelles réactions ont-elles entraînées ? Il était frappant de lire ce matin dans la presse que le président Shimon Pérès, qui est pourtant l'une des personnalités israéliennes les plus modérées à e sujet, estime que la ligne rouge est en passe d'être franchie.

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