Intervention de Paul Molac

Réunion du 14 janvier 2014 à 17h00
Commission des lois constitutionnelles, de la législation et de l'administration générale de la république

Photo issue du site de l'Assemblée nationale ou de WikipediaPaul Molac :

Les langues régionales ne sont pas forcément le fait de groupes ethniques installés depuis des générations sur un territoire. Je connais des gens d'origine étrangère qui parlent couramment le breton. Je suis pour ma part le premier membre de ma famille, depuis le XIVe ou le XVe siècle, à parler breton, puisque mes parents parlaient plutôt le gallo.

Les associations de défense des langues régionales s'inquiètent aussi de l'usage obligatoire du français dans le cadre des missions de service public. C'est impossible dans les territoires d'outre-mer, où le créole, parlé par 90 % de la population, est la langue vernaculaire. Par ailleurs, on peut craindre que certains chefs de service prennent prétexte de cette obligation pour interdire aux membres de leur administration d'user entre eux de ce qu'ils n'hésiteraient pas à qualifier de jargon ou de baragouin.

Lors de la révision de l'article 2 de la Constitution, en 1992, certains souhaitaient mentionner le « respect des langues régionales ». Il leur avait été rétorqué que c'était inutile car il s'agissait avant tout de se défendre contre l'hégémonie de l'anglais. En vérité, l'article 2 a essentiellement servi à lutter contre les langues régionales, c'est-à-dire contre notre patrimoine linguistique.

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