Intervention de Marietta Karamanli

Réunion du 26 mars 2013 à 16h30
Commission des affaires européennes

Photo issue du site de l'Assemblée nationale ou de WikipediaMarietta Karamanli :

Mon collègue Rudy Salles et moi-même travaillons depuis plusieurs mois à un rapport sur le financement du cinéma européen, et je pense pouvoir dire en nos deux noms que nous partageons vos craintes à ce sujet. La négociation de l'accord de libre-échange entre l'Union européenne et les États-Unis nous préoccupe particulièrement, car l'enjeu en est à la fois politique, culturel et économique. Dans ce cadre, ce qui est en cause, c'est l'appréhension minimaliste de la culture par la Commission européenne, où l'on prend comme seules références les économies d'échelle que permettrait l'harmonisation des marchés nationaux et où l'on n'envisage la politique de concurrence que comme l'absence d'aides des États membres aux productions. Cette conception de la culture est alarmante. Notre entretien avec le commissaire européen chargé de la concurrence nous a d'ailleurs laissés pantois, tant était flagrante le manque d'une vision de la culture, et donc de l'identité, européenne. Les États-Unis ont une puissante industrie de l'imaginaire ; ce secteur est aussi leur deuxième poste d'exportation et ils font donc tout pour le défendre. Vous avez, madame la ministre, choisi une stratégie active : quel mandat la France fixera-t-elle à la Commission européenne pour défendre l'exception culturelle française et européenne ? Quelles nouvelles initiatives comptez-vous prendre ? Nous ne serons pas moins offensifs et, dans la perspective du rapport de la Commission européenne sur le financement du cinéma attendu début juin, nous avons prévu l'organisation d'une table ronde à ce sujet avec d'autres parlements.

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