Intervention de Olivier Falorni

Séance en hémicycle du 28 janvier 2014 à 21h30
Questions au ministre de l'éducation nationale

Photo issue du site de l'Assemblée nationale ou de WikipediaOlivier Falorni :

Monsieur le ministre, le constat est frappant, les chiffres impressionnants : nombre d’élèves de primaire entrant en sixième ne maîtrisent pas le français. Ces 100 000 enfants de CM2 pour qui l’arrivée au collège est une marche presque infranchissable sont tous issus, ou presque, des zones d’éducation prioritaire, dans lesquelles, en fin de troisième, 42 % des élèves seulement maîtrisent les compétences de base, alors qu’ils sont 79 % hors de ces zones.

Monsieur le ministre, vous prenez le problème à bras-le-corps, et je me réjouis de l’annonce, il y a quelques jours, de votre plan pour refonder l’éducation prioritaire. Pour remédier aux inégalités, vous comptez sur des dispositifs comme l’accueil des moins de trois ans ou le « plus de maîtres que de classes ». Les élèves de sixième seront, quant à eux, accueillis au collège jusqu’à seize heures trente. Ils bénéficieront d’une aide aux devoirs et d’un tutorat pendant les temps libres entre les cours. Les enseignants auront moins d’heures de cours à effectuer – une heure et demi par semaine en moins au collège, neuf jours par an en primaire – pour travailler en équipe et suivre les élèves. Ce sont d’excellentes mesures, pour lesquelles 350 millions d’euros seront investis.

Au même moment un autre débat resurgit, sur la méthode d’apprentissage du français. Méthode syllabique contre méthode mixte : je n’entrerai pas dans ce débat, parce que je pense que chaque enfant est différent et que les personnes les mieux placées pour savoir ce qui est bon pour lui sont ses enseignants et sa famille. Les professeurs des écoles doivent avoir le choix des méthodes car rien ne remplace l’expérience de dix ou vingt ans d’enseignement.

Reste que les chiffres alarmants que j’ai cités sont la conséquence logique de l’effondrement de l’enseignement de la lecture. Il y a quarante ans, l’élève de CP bénéficiait de quinze heures de français, contre neuf heures en 2006. En moyenne, un bachelier d’aujourd’hui aura reçu dans son parcours scolaire 800 heures d’enseignement du français en moins que ses parents.

Alors, monsieur le ministre, votre réforme de l’école de la République portera-t-elle, pour pallier les grandes lacunes des jeunes Français en grammaire et en orthographe, sur le nombre d’heures d’apprentissage ?

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