Intervention de Jean-Yves le Drian

Réunion du 4 février 2014 à 17h00
Commission de la défense nationale et des forces armées

Jean-Yves le Drian, ministre de la Défense :

Je partage l'avis de notre ambassadeur aux Nations unies, madame Gosselin-Fleury : la longue accumulation des haines entretient la spirale de la vengeance, qui peut prospérer en l'absence d'ordre établi. Lorsque des ex-Séléka abandonnent un territoire, des anti-balaka viennent régler leurs comptes en brûlant des maisons.

Je rappelle que les musulmans ne représentent que 20 % de la population centrafricaine, celle-ci se composant, pour le reste, d'animistes et de chrétiens, dont les protestants forment un peu plus de la moitié. Autrefois, ces différentes confessions vivaient en harmonie ; leurs responsables sont d'ailleurs des artisans de la paix, et auront un rôle majeur dans le processus de réconciliation.

L'EUFOR et les forces Sangaris – qui ont pour mission d'assurer la montée en puissance de la MISCA – resteront indépendantes, monsieur Léonard : c'est d'ailleurs logique car, même si l'EUFOR sera commandée par un général français, ces deux forces ne dépendent pas des mêmes autorités politiques.

Les objectifs de l'opération Sangaris n'ont pas changé : sécuriser le territoire par l'interposition, le cantonnement et le désarmement impartial – les ex-Séléka ont ainsi dû remettre leurs armes lourdes avant de quitter le camp de Kassaï – ; permettre l'acheminement de l'aide humanitaire et le déploiement de la MISCA ; préparer, enfin, la transition politique. La MISCA se compose de 6 000 hommes, dont certains doivent encore être équipés, et les soutiens internationaux permettront d'étoffer son armement. Les Américains, par exemple, ont armé des soldats burundais et rwandais dont ils assuraient le transport ; l'Union européenne a également commencé à faire de même, à travers le dispositif « facilité de paix pour l'Afrique ».

Enfin, les troupes Sangaris se montent à 1 600 hommes, monsieur Léonard.

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