Intervention de Jean-Yves le Drian

Réunion du 4 février 2014 à 17h00
Commission de la défense nationale et des forces armées

Jean-Yves le Drian, ministre de la Défense :

J'ai évoqué les risques de partition, monsieur Bays. Cela dit, le Tchad y est résolument opposé ; cela pourrait même devenir un casus belli pour lui. Une communauté d'origine tchadienne, mais de nationalité centrafricaine, est établie depuis longtemps à Bangui : essentiellement composée de commerçants, elle est victime de représailles ou d'actes de vandalisme, si bien que certains de ses membres commencent à revenir au Tchad. En réalité, c'est le reflux des ex-Séléka vers le Nord-Est qui peut entraîner un risque de partition.

Une mobilisation des forces de gendarmerie européennes est tout à fait envisageable, monsieur Folliot, mais seulement dans un second temps.

Quant au Sud libyen, nous collaborons avec les États-Unis dans le domaine du renseignement. Les ministres des Affaires étrangères se réuniront à Rome, début mars, pour évoquer le sujet. Il faudra bien, un jour ou l'autre, engager le dialogue avec les autorités libyennes, mais l'on connaît la complexité de la situation. La déclaration de l'amiral Guillaud sur la nécessité d'une nouvelle intervention en Libye a été sortie de son contexte : le propos, plus général, relayait la préoccupation de la communauté internationale s'agissant de la zone qui, en fait, s'étend de la Guinée-Bissau jusqu'en Syrie.

La présence de 3 000 militaires dans la zone sahélo-saharienne s'inscrira dans la durée, monsieur Meunier : aucune date n'est donc fixée pour un éventuel départ. Ces troupes s'ajouteront à celles déjà installées dans les bases de Dakar, Abidjan et Libreville. Un tel déploiement est évidemment un facteur de mobilisation pour notre armée de terre.

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