Intervention de Sophie Dion

Séance en hémicycle du 26 février 2014 à 15h00
Débat sur la qualité et l'accessibilité des services au public dans les territoires fragiles

Photo issue du site de l'Assemblée nationale ou de WikipediaSophie Dion :

Monsieur le président, mesdames les ministres, mes chers collègues, nous savons tous bien que l’accessibilité de l’ensemble des services publics est un enjeu d’aménagement du territoire. Mais les réformes proposées par votre gouvernement sont exclusivement centrées sur les préoccupations urbaines : c’est vrai pour le redécoupage cantonal, la réforme des rythmes scolaires, et malheureusement aussi pour la santé, qui est pourtant considérée comme un droit fondamental de toute personne humaine.

L’accès au service public de la santé dans les territoires de montagne est un sujet d’inquiétude bien légitime. Dans le département de la Haute-Savoie, et plus particulièrement dans la vallée de l’Arve et le pays du Mont-Blanc, nous sommes confrontés depuis plusieurs années à la fermeture de services et de structures hospitalières. Après l’hôpital de Chamonix, qui est devenu une maison de santé, ce sont les urgences de la clinique de Cluses qui ont dû fermer, car cet établissement a été transformé par l’Agence régionale de santé en centre de premier recours. À cela s’ajoute une grave pénurie de médecins généralistes et spécialistes, sans oublier les préoccupations de l’Association des médecins de montagne. Ces médecins sont confrontés à des pics d’activité pendant les vacances scolaires ; leurs légitimes revendications ne sont pas prises en compte.

En montagne, on ne peut pas raisonner selon la même logique qu’en ville. La logique parisienne, urbaine, repose uniquement sur des critères comptables, de densité de population. Nous constatons chaque jour qu’appliquée à la montagne, elle aboutit à des déserts médicaux. En montagne, il faut prendre en compte dans le temps de parcours les aléas climatiques, le tracé des routes, l’isolement des hameaux. La règle selon laquelle un territoire ne doit pas être à plus de trente minutes d’une unité de soin ne veut rien dire. Vous le savez bien, madame la ministre : un kilomètre en plaine, à Paris ou en Bretagne, ce n’est pas la même chose qu’un kilomètre à la montagne.

L’accès à des soins de qualité est une nécessité pour tous. Je voudrais donc savoir, mesdames les ministres, quelles actions vous comptez mettre en oeuvre pour préserver un service de soin de qualité dans la montagne.

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