Intervention de Geneviève Fioraso

Séance en hémicycle du 6 mai 2014 à 9h30
Questions orales sans débat — Conséquences des fermetures de classes dans les zones rurales

Geneviève Fioraso, secrétaire d’état chargée de l’enseignement supérieur et de la recherche :

Madame la députée Michèle Bonneton, vous avez bien voulu interroger M. Benoît Hamon qui vous prie de bien vouloir excuser son absence et m’a chargée de répondre en son nom.

Le devoir de l’éducation nationale est d’offrir une même qualité d’enseignement dans toutes les écoles de notre pays, qu’elles soient situées dans les zones urbaines, rurales ou de montagne ou dans les régions d’outre-mer. Restaurer l’égalité des territoires, c’est restaurer l’égalité des chances de tous les enfants de notre République.

Le Gouvernement partage, madame la députée, votre souci de combattre les inégalités territoriales. Pour ce faire, il agit sur trois leviers : les créations de postes dans l’éducation nationale, l’adoption de dispositifs pédagogiques et le déploiement du numérique.

Vous ne pouvez pas ignorer que c’est la politique comptable de l’ancienne majorité qui, en supprimant 80 000 postes entre 2007 et 2012, a considérablement fragilisé l’enseignement sur les territoires les moins favorisés et en particulier sur les territoires ruraux.

Ainsi, après dix ans de politique de destruction de postes par la droite, le Président de la République et le Premier ministre ont confirmé notre ambition de créer 60 000 postes dans l’éducation, dont 5 000 dans l’enseignement supérieur. C’est un engagement fort que je tiens à rappeler aujourd’hui.

Notre objectif est de donner à la communauté éducative les justes moyens dont elle a besoin pour rétablir la promesse du pacte républicain : permettre la réussite de tous les élèves.

Preuve de notre engagement pour la prochaine rentrée : pour un total de 950 écoles, il n’y aura qu’une seule fermeture d’école dans le département de l’Isère que vous connaissez bien. Au niveau national, 7 000 nouveaux postes permettent, dans les secteurs les plus fragiles, de favoriser l’évolution des pratiques pédagogiques, notamment via dispositif « plus de maîtres que de classes ».

Ce dispositif permet d’améliorer l’encadrement, d’accompagner les organisations pédagogiques innovantes et de renforcer l’action des réseaux d’aide spécialisée aux élèves en difficulté, ces RASED qui avaient été fortement fragilisés pour ne pas dire supprimés sur certains territoires. Ce dispositif permet aussi de favoriser la remédiation scolaire au service d’une amélioration significative des résultats des collégiens et des lycéens.

Comme vous le savez, la loi du 8 juillet 2013 d’orientation et de programmation pour la refondation de l’école de la République prévoit que, lors de l’élaboration de la carte scolaire, les autorités académiques comptabilisent les enfants de moins de trois ans dans les effectifs des écoles situées dans un environnement social défavorisé ou dans les territoires ruraux isolés que vous évoquiez. Elles sont également tenues d’informer les élus locaux des collectivités territoriales concernées.

Enfin, la loi d’orientation et de programmation pour la refondation de l’école de la République porte une autre grande ambition, particulièrement adaptée au secteur rural : le numérique. Il s’agit d’aider à désenclaver les territoires les plus défavorisés et de redonner sens à la promesse républicaine de l’égalité des chances.

Enrichissant l’offre des enseignements dispensés dans les établissements mais aussi en dehors, ce nouveau service public va faciliter la mise en oeuvre d’une pédagogie différenciée et innovante, au service de la réussite de tous.

Il permet de proposer aux élèves et aux enseignants une offre pédagogique nouvelle. Il permet aussi aux enseignants de partager des expériences, de développer une communauté d’enseignement, de mettre en place des outils communs de suivi des progrès des élèves et des outils de communication avec les familles. Les contenus et les services numériques seront également utiles pour la formation initiale et continue des enseignants. Ils sont, en somme, particulièrement adaptés pour favoriser la réussite en milieu rural.

L’ensemble de ces mesures participe de notre volonté d’assurer aux enfants des territoires ruraux un enseignement de qualité dans le cadre d’un service public de proximité, parce que marquer une ambition pour le secteur rural c’est respecter l’égalité républicaine dans l’accès au savoir, c’est donc préparer l’avenir de notre pays dans un esprit de justice territoriale.

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