Intervention de Morgan Marietti

Réunion du 13 mai 2014 à 16h30
Commission des affaires européennes

Morgan Marietti, délégué général en charge du développement et des relations publiques à l'Association nationale des apprentis de France, ANAF :

La présidente de notre association, actuellement en apprentissage en entreprise, vous prie d'excuser son absence.

L'ANAF réunit quelque mille adhérents, dont le plus jeune a quinze ans et le plus âgé entre trente-cinq et quarante ; tous ont des profils très divers. L'apprentissage mobilise les chambres de métiers et de l'artisanat, les chambres de commerce et d'industrie (CCI) et les différentes filières d'activité, mais aussi l'éducation nationale, à travers les centres de formation des apprentis ( CFA ), et l'enseignement supérieur, avec les CFA intégrés, lesquels dépendent de structures diverses ou, pour les CFA dits « hors murs », d'universités ou de grandes écoles.

Les jeunes apprentis ne sont donc pas sur un pied d'égalité au regard la mobilité en Europe, certains d'entre eux, notamment dans le secondaire et les CFA, étant déjà fort peu mobiles au sein de leur propre région ou département. D'autre part, le programme Leonardo da Vinci ne fait pas l'objet d'une communication commune, si bien qu'il reste un peu flou pour les acteurs : à côté des établissements ou organisations qui en font profiter les jeunes –chambres de métiers et de l'artisanat avec apprentis en Europe ou groupement des CCI avec Movil'App –, des CFA, livrés à eux-mêmes ne peuvent en faire de même, par manque de personnel – souvent une vingtaine de personnes pour plusieurs centaines d'apprentis –, d'informations et de compétences.

Les grandes entreprises, lorsqu'elles signent un accord avec une grande école, anticipent le futur séjour de l'apprenti à l'étranger pendant plusieurs mois ; mais, pour les très petites entreprises artisanales, il est difficile de se passer de leurs apprentis, fût-ce pour deux semaines ou un mois. Se pose donc la question du soutien de ces acteurs. En tout état de cause, les apprentis sont inégaux au regard de l'accompagnement par les CFA.

Par ailleurs, rares sont les universités qui prévoient des séjours à l'étranger pendant le cursus des apprentis : le plus souvent, ces séjours sont proposés à la césure des diplômes, par exemple entre la licence 3 et le master, dans le cadre d'Erasmus.

J'en viens à mon second point, la qualité des formations. En France, le taux de rupture de contrat atteint 25 % en moyenne pour l'ensemble des formations, et il peut monter jusqu'à 45 ou 50 % dans certaines filières. Beaucoup de décrochages s'expliquent par l'insuffisance des liens entre les missions en entreprise et les enseignements reçus. Il faut s'interroger sur la façon dont les CFA et les institutions publiques peuvent faire appel aux fonds européens pour lutter contre ce fléau. On entend souvent dire, dans les médias, que la baisse du nombre de contrats est due la crise mais, dans la majorité des cas, elle tient à la rupture des contrats.

Aucun commentaire n'a encore été formulé sur cette intervention.

Inscription
ou
Connexion