Intervention de Joaquim Pueyo

Réunion du 13 mai 2014 à 16h30
Commission des affaires européennes

Photo issue du site de l'Assemblée nationale ou de WikipediaJoaquim Pueyo :

La construction européenne se fait par étapes, si bien que la prise en compte de la jeunesse par l'Europe a été tardive. À cet égard, et après la création d'Erasmus en 1987, le traité de Maastricht de 1992, pourtant si décrié, a représenté une étape importante pour la jeunesse européenne.

En tant que maire et président d'une communauté urbaine, je travaille en permanence avec des associations de jeunesse, telles que Concordia, qui organise des chantiers européens de jeunesse. Ces associations, avec l'aide d'une politique européenne qui s'est beaucoup développée, contribuent à créer une atmosphère très positive.

S'agissant d'Erasmus, les deux années de négociation ont permis d'en augmenter le budget, d'étendre le dispositif aux échanges entre écoles et entre enseignants, et d'en faire bénéficier les apprentis.

Nous sommes à quelques jours des élections européennes. Qu'en attendez-vous ? Selon moi, la construction européenne doit se faire pour les jeunes. Les anciennes générations, en France et en Allemagne, qui se souviennent des deux guerres mondiales, nous disent qu'il faut faire l'Europe, mais observe-t-on, chez les jeunes, une mobilisation aussi forte en faveur de l'Union ?

On nous dit que 50 % des jeunes apprécient la mobilité. Mais celle-ci est compliquée. En tout état de cause, elle est plus facile pour les étudiants sortant des grandes écoles que pour les apprentis. J'ai fait l'expérience de mettre en relation les centres sociaux de ma ville avec des centres similaires en Allemagne et en Grande-Bretagne. Les résultats sont très riches. Je rencontre d'ailleurs des jeunes qui aimeraient faire un apprentissage ou travailler à l'étranger, mais qui se heurtent au barrage de la langue.

En tant que représentants d'organisations liées à la jeunesse, qu'attendez-vous, dans les dix ans à venir, de la construction européenne ? Nous, adultes, nous devons nous battre pour les jeunes. Pour ma part, je suis favorable à la mobilité et à l'harmonisation des formations et des diplômes, de sorte qu'un couvreur puisse aussi facilement travailler en Pologne ou en Angleterre qu'en France.

Certains regrettent l'existence d'une mobilité forcée, mais celle-ci a toujours existé ! Elle n'a donc rien à voir avec la construction européenne. Dans les années cinquante, de nombreux Espagnols ont ainsi été contraints de venir travailler en France dans les secteurs du bois ou des travaux publics. Et avant la guerre, les Polonais venaient travailler dans nos mines.

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