Intervention de Marie-Odile Bouillé

Réunion du 25 juin 2014 à 9h00
Commission des affaires culturelles et de l'éducation

Photo issue du site de l'Assemblée nationale ou de WikipediaMarie-Odile Bouillé :

Merci à notre collègue non seulement pour le contenu de cet excellent rapport, mais aussi pour son titre qui marque davantage le faire-connaître et le partage.

Vous développez une approche différente de celle des nombreux rapports précédents qui se sont contentés de souligner les insuffisances de la diffusion de la culture scientifique, technique et industrielle et vous définissez deux séries d'objectifs majeurs, la démocratisation de l'accès au savoir et l'excellence des systèmes d'éducation et de recherche.

L'amélioration du partage des savoirs et la démocratisation de l'accès au savoir passent par le chantier de la réduction des inégalités entre les femmes et les hommes, chantier auquel je suis très attachée. Le rapport souligne que les avancées ne sont pas négligeables, s'agissant, en particulier, de la réussite scolaire des jeunes filles. Mais ces évolutions ne se traduisent pas par une meilleure application du principe d'égalité entre les femmes et les hommes. Ainsi, en 2010, les femmes représentaient 34,5 % des chercheurs du secteur public alors que ce taux était de 32,6 % il y a dix ans, soit une progression de deux points seulement. En outre, la situation varie d'une discipline à l'autre. Ainsi, en sciences du langage et de la culture, la part des chaires détenues par les femmes est de 30 %. En revanche, dans les sciences de l'ingénieur, en sciences physiques et en mathématiques, le taux est le plus faible de toutes les disciplines et s'établit à 10 %.

Vous formulez un certain nombre de propositions : conditionner le montant des subventions versées aux associations des CSTI à leur action en faveur de l'égalité femmes-hommes pour développer le goût des sciences et susciter les vocations scientifiques autant chez les filles que chez les garçons ; conditionner une partie de la dotation aux universités et aux organes de recherche à la prise de mesures en faveur de l'égalité femmes-hommes, les universités et les organes de recherche devant présenter sur ce sujet un rapport annuel ; former les professeurs, les médiateurs et le service public de l'orientation afin qu'ils encouragent les jeunes filles et les femmes à se diriger vers les métiers de la recherche et les sciences de l'ingénieur ; introduire dans le cahier des charges des éditeurs de manuels scolaires l'obligation d'éviter, comme vous l'avez rappelé, les clichés de genre ; inviter la mission contre les discriminations entre filles et garçons du ministère de l'éducation nationale à s'assurer du respect de cette disposition et instituer au sein des établissements de recherche un référent égalité femmes-hommes chargé de prévenir les discriminations.

J'en prends bonne note et souhaite vivement que nous parvenions à les mettre en oeuvre ! Mais comment intervenir le plus en amont possible pour que les petites filles ne craignent pas ou plus de se tourner vers les métiers scientifiques, techniques et industriels ? Ne pourrait-on pas utiliser à cette fin le temps périscolaire dégagé par la mise en place des nouveaux rythmes scolaires ?

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