Intervention de Pierre Lequiller

Réunion du 18 juin 2014 à 10h00
Commission des affaires européennes

Photo issue du site de l'Assemblée nationale ou de WikipediaPierre Lequiller :

L'Europe a commis beaucoup d'erreurs, notamment en portant rapidement à vingt-huit le nombre de ses États membres, ce qui a provoqué un réflexe de peur. Auteur d'un livre intitulé L'Europe se lève à l'Est, j'ai vraiment été partisan de l'adhésion des pays de l'Est. Après des décennies passées sous la coupe soviétique, il est compréhensible qu'ils aient des réflexes de peur, mais cela a conduit à un raidissement de la position européenne vis-à-vis de la Russie.

Il faut évidemment défendre l'Ukraine mais en gardant à l'esprit que son sort dépend aussi du dialogue entre la Russie et l'Europe. Le président Poutine profite de l'absence de puissance européenne. Il faut rattraper le temps perdu avec la Russie. Quand Gorbatchev a décidé de dissoudre l'URSS, il comptait sur l'Occident pour aider la Russie à s'en sortir économiquement mais force est de reconnaitre que cela n'a pas été fait. Pour son troisième mandat, Poutine a l'ambition de rehausser la fierté russe, au travers des affrontements en Ukraine, des menaces sur le gaz, etc. Faute de réussite économique et sociale interne, il cherche à gagner une popularité à partir de ces bras-de-fer.

Dans l'immédiat, un équilibre doit être trouvé dans les relations entre la Russie et l'Ukraine, ce qui passe par l'évolution de la démocratie et l'éradication de la corruption.

Tout cela est très délicat car la paix est toujours un état extrêmement fragile. Il faudra par conséquent continuer de porter une grande attention à cette région.

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