Intervention de Bernard Cazeneuve

Séance en hémicycle du 18 juillet 2014 à 15h00
Délimitation des régions et modification du calendrier électoral — Article 3

Bernard Cazeneuve, ministre de l’intérieur :

Même avis. Je veux profiter de cette occasion pour vous faire part de notre sentiment sur le débat qui s’est instauré. Nous revenons à un débat que nous avons déjà eu en première partie de discussion concernant la carte elle-même et qui met en présence deux approches, également respectables mais reposant sur des logiques différentes. Une première approche, défendue notamment par les députés alsaciens et bretons, considère que ce qui fait d’abord l’appartenance régionale, c’est le sentiment d’identité résultant de l’histoire, de la culture, de l’enracinement de longue date, sédimenté, cristallisé. Une deuxième approche considère que la pertinence d’un rassemblement repose sur des cohérences économiques et des filières à accompagner. D’autres, enfin, estiment que ces deux points de vue sont admissibles.

Pour notre part, nous avons tendance à considérer que ces deux approches sont possibles. C’est la raison pour laquelle nous n’opposons pas les appartenances identitaires à des inscriptions dans des ensembles plus larges. Nous ne considérons pas, en effet, qu’un rassemblement régional élargi suffirait à détruire le sentiment d’appartenance à telle ou telle région depuis longtemps inscrite dans l’histoire, aussi profonde qu’on la juge.

Nous avons pris la décision de dresser une carte sans modifier les frontières actuelles des régions existantes. Pourquoi ? Parce que nous voyons bien que de nombreux débats parcourent ces bancs, quelle que soit la sensibilité des parlementaires concernés, et que, par conséquent, les choses étant déjà extraordinairement compliquées à périmètre régional inchangé, si nous avions dû introduire, en plus de cette discussion, un autre débat sur la possibilité pour les départements de se détacher dès à présent de telle ou telle région, nous aurions été très loin dans la discussion et la confusion. Nous ne l’avons donc pas fait. Nous avons par conséquent décidé qu’il fallait ouvrir un droit d’option tout en l’encadrant et en lui conservant un caractère raisonnable.

J’entends ce qu’a dit François de Rugy – dont je comprends parfaitement la logique –, le président de la commission, Mme la députée de Mayenne…

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